Tous étranger de quelqu’un

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Vivre ensemble dans notre pays est riche en émotions. Sans revenir sur le thème de l’Islam, des minarets et d’un imam biennois, d’autres événements nous rappellent le stress engendré par les amalgames faits entre nationalité et culture. Que peuvent bien vivre les personnes naturalisées que l’on dit suisses d’un côté et étrangères de l’autre ? A la rubrique « sport », ou « faits divers », des journaux romands, il est fréquent d’entendre la nationalité –paradoxe- suivie de l’origine étrangère de l’athlète. Pourtant être Suisse, c’est être originaire d’une commune d’ici. « Ethiopienne, Helvète par mariage ». Qu’est-ce à dire ? Si elle gagne, elle est suisse ? Si elle perd, elle est étrangère ?

En Suisse, pays égalitaire par nature, la Loi fait le Suisse. Il n’y a pas de noms de famille typiquement suisses. Peut-être y a-t-il des noms fréquents dans une Commune depuis l’introduction de l’Etat civil mais il n’y a pas de dynastie suisse ; même les Habsbourg ont rejoint Vienne. A chacun de se le rappeler, à chaque occasion, car toute injustice a des conséquences douloureuses.

Imaginez ce que peut être de quitter sa vie là-bas, d’être accueilli ici, de chercher à s’intégrer avec le concours des autorités et des associations, de se motiver pour vivre tout le processus de naturalisation (un vrai parcours du combattant), puis entendre dire derrière son dos qu’au fond on n’est pas vraiment Suisse. N’est-il pas nécessaire de faire la différence entre culture et nationalité ?

Gilles Disero, vice président des Verts-es du District de Sion

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