Les Verts n'entrent pas en matière sur les avant-projets de loi sur le statut et le traitement du personnel enseignant
1. Généralités
Il est impossible de répondre de façon construite à ces deux avant-projets de loi dans la mesure où nous ne connaissons pas les tenants et les aboutissants de la RPT II. Il serait irresponsable pour un parti cantonal de se prononcer dans ces conditions. Cela équivaut donc à une non entrée en matière de notre part.
Par ailleurs, nous tenons au partenariat social et nous ne comprenons pas la cessation de collaboration qu’il y a eu entre le DECS et les associations professionnelles dans ce dossier (cf. lettre reçue de la part des associations professionnelles)
Enfin, l’absence de message et les répétés renvois à l’ordonnance n’éclairent pas ces deux avant-projets. Nous sommes dans l’obligation de dire que les intentions du DECS de même que la nécessité d’une réforme ne sont pas très visibles.
2. Cantonalisation du personnel enseignant de l’école obligatoire
Si l’idée de la cantonalisation a des mérites certains, il n’est en l’état pas possible de se prononcer en sachant que le subtil équilibre qu’il va falloir trouver au niveau cantonal entre la prise en charge financière de certains domaines de l’école et la sacro-sainte autonomie communale n’est pas encore sous toit.
Par rapport à l’axe pédagogique, nous comprenons une certaine envie de centralisation. Mais les Verts ont toujours été partisans d’un pouvoir local fort exprimant le génie propre à chaque entité tout en ayant à l’esprit une pensée globale importante et fédératrice. Dans ce sens, la direction d’école dépendante du DECS uniquement nous semble une perte. Le niveau inter-communal pour les directions d’école sur le modèle déjà existant des CO nous semble meilleur.
Par ailleurs, la nomination du personnel enseignant par le canton plutôt que par la commune n’a pas rencontré de résistance de notre part, mais nous n’en faisons pas un principe indiscutable. Il est simplement lié au paquet de négociations entre les communes et le canton.
3. Annualisation du temps de travail
La nécessité de l’annualisation du temps de travail n’est pas claire pour nous. Y a-t-il de sérieux avantages à faire en sorte que les enseignants soient fonctionnarisés ? Quels seront les instruments de contrôle qui seront mis en œuvre (et qui les payera ?) pour décompter les heures faites, dues, à compenser, etc ?
La politique de l’école qui se trouverait derrière ces avant-projets de loi n’est pas très lisible. Veut-on par la bande demander au personnel enseignant d’assumer également des tâches éducatives au sens large en plus de leur tâche première qui est d’enseigner ? Il est vrai qu’avec l’introduction de l’horaire continu, des horaires blocs, des structures para-scolaires, il va falloir réfléchir à qui financera et qui assumera les nouvelles tâches voulues par le Peuple suisse. Pour l’heure, les deux avant-projets de loi ne posent pas ou peu les questions en ces termes.
4. Le temps de travail du personnel enseignant - statut
Les Verts ne comprennent pas pourquoi, au vu des grands chantiers qui attendent l’école obligatoire, il n’a pas encore été proposé par le DECS une révision complète de l’école primaire sur le modèle de ce qui a été fait pour le Cycle d’Orientation. Il semblerait plus logique que les fondamentaux posés, les réformes fédérales ou romandes respectées, on puisse sereinement travailler ensuite sur la formation et le profil des enseignants que l’on veut dans l’école primaire et enfantine valaisanne. Seul au bout de la chaîne devrait intervenir la réflexion du statut des enseignants.
5. Mandat de l’enseignant
L’idée de montrer au public ce que font les enseignants en dehors de leur temps de présence aux élèves est une bonne chose. Mais cela ne nécessite pas une annualisation du temps de travail. Un cahier des charges clair est largement suffisant.
Grégoire Raboud, Président
