L’économie des OGM en agriculture

Les OGM : un bien pour notre agriculture ? La majorité du Parlement valaisan est convaincue qu’interdire les OGM en Valais affaiblirait notre agriculture et donnerait une image négative.

La liberté de cultiver des OGM ou non n’est possible que dans des pays ou régions où la surface des parcelles permet d’assurer des bandes tampons pour délimiter les champs avec et sans OGM. Si les grandes propriétés aux Etats-Unis, en Argentine, au Canada et au Brésil (ces pays représentent 91,6% des surfaces cultivées en OGM) dépassent 1000 hectares, en Suisse les surfaces supérieures à 50 hectares représentent moins de 2,3% des exploitations. Dans ce contexte, les exploitations suisses et valaisannes ne sont que des jardins où il ne sera pas possible d’empêcher des contaminations de cultures sans OGM par du pollen d’OGM. Cela met en péril, lors de leur commercialisation, la valeur des produits labellisés en les ramenant au même niveau que des produits cultivés sans égard pour l’environnement, le paysage ou les travailleurs. Au Canada, 950 paysans certifiés en culture biologique ont vu leur récolte de colza refusées en bio, car contaminées par des OGM, et ont essuyé une perte de 14 millions de $. Le coût des analyses pour certifier l’absence d’OGM serait prohibitif, selon les propos mêmes du Conseiller d’Etat Jean-Michel Cina, pourtant opposé à un Valais sans OGM.

Les OGM sont intimement liés aux brevets où l’agriculteur perd son privilège, celui de garder une partie de sa récolte comme semence pour l’année suivante. Cette concentration du pouvoir sur les semences fragilise le secteur agricole au profit des actionnaires de grandes multinationales. Les dix premières compagnies de semences contrôlent ⅓ du marché mondial. Pour le maïs, quatre compagnies contrôlent ¾ du marché, ce qui met en péril la sécurité alimentaire. Loin de répondre à des problèmes phytosanitaires de résistance à des parasites ou ravageurs, le 80% des semences OGM sont des plantes tolérant un herbicide. Les dix premières compagnies de pesticides (les mêmes que pour les semences) contrôlent le 80% du marché mondial. Cette « oligopolisation » du marché menace l’existence d’une grande partie des agriculteurs au profit de quelques grandes exploitations. Les objectifs de la politique agricole de la Suisse (sécurité de l’approvisionnement, conservation des ressources naturelles et entretien du paysage, occupation décentralisée du territoire) appartiendront alors au passé. En Valais, l’agriculture peut faire l’économie des OGM.

Grégoire Raboud, Président des Verts /28.09.05

PS : La recherche sur les OGM, en cas de moratoire, reste possible en Suisse, à l’exemple de la recherche sur le riz. Mais le riz ne risquera pas de contaminer les abricots !

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