Etrangers : Les enseignements de l'histoire
Dans le domaine médical, en particulier celui des médicaments, un professeur de pharmacologie disait «On enseigne la médecine, mais pas l'histoire de la médecine ». Sur quoi basait-il sa réflexion? Sur l'histoire des psychotropes. Lorsqu'on découvrit la morphine et son utilité pour traiter les blessés de guerre au milieu du XIXe siècle, son usage généralisé comme anti-douleur entraîna rapidement une dépendance. Pour traiter cette dépendance, on inventa la diacétyl-morphine que Bayer commercialisa sous le nom d'HEROÏNE®. La vente libre d'héroïne, notamment comme sirop contre les refroidissements pour les enfants à la fin du XIXe siècle, entraîna une dépendance. Pour lutter contre cette dépendance, on introduisit la cocaïne, en vente libre dans les pharmacies. La dépendance qui en résulta a été réglé par le retrait du produit et la première guerre mondiale qui détourna les gens vers d'autres occupations. Dans les années 50, le succès des barbituriques occasionna des dépendances auxquelles l'industrie pharmaceutique trouva une solution: les benzodiazépines (VALIUM® et Cie). Or ces produits sont connus pour entraîner la dépendance, raison pour laquelle ils sont sur la liste des stupéfiants de l'Organisation internationale du contrôle des stupéfiants.
Les dernières votations sur les naturalisations facilitées ont focalisé non seulement l'attention, mais surtout les frustrations et les ressentiments sur une catégorie d'étrangers: les musulmans. Au début du XXe siècle, les boucs émissaires étaient les ouvriers, dans les années 30 et 40, les Juifs, dans les années 60 et 70 les Latins (Italiens d'abord, puis Espagnols et Portugais). Mais nous oublions que l'origine de la civilisation se trouve en Mésopotamie, dans l'Irak actuel. La civilisation se caractérise par le passage des cueilleurs-chasseur nomades, aux agriculteurs sédentaires, et donc à l'apparition des cités. Nous oublions que l'écriture vient également de cette région. Nous oublions l'histoire des Hommes, qui est l'histoire de leurs migrations et non de leur sédentarisation isolée. Nous oublions que nous avons inscrits en nous, dans nos gènes et dans notre langue l'histoire de ces migrations, de ces rencontres entre peuples. La seule Suisse officielle comporte quatre langues. Le français, langue issue du grec et du latin, emprunte de nombreuses expressions à l'arabe, dont le "bistrot" et l"'alcool". Toutes les inventions dont un pays peut s'enorgueillir ne sont que l'intersection d'idées, d'échanges, de courants de pensées d'hommes et d'étrangers ayant voyagé et s'étant installé dans des cités qui se caractérisaient par la tolérance et l'ouverture à l'Autre en tant qu'enrichissement potentiel. On enseigne la Suisse, les valeurs de la Suisse, mais on n'enseigne pas l'histoire de la Suisse. Combien sont ces Suisses d'origine étrangère qui ont participé, de par leur apport, à la richesse de la Suisse, du Valais? Et dans notre ville, quel était cet étranger? Et moi, d'où viennent mes parents, mes grands-parents, mes arrière- grands-parents?
P.S. « J'étais un étranger et vous m'avez accueilli» : la Bible ne serait-elle pas subversive pour la majorité des chrétiens (catholiques et protestants) suisses ?
Grégoire Raboud, Les Verts /26.09.04
En images
Au-delà de la caricature, qui comporte toujours une part de vérité, il faut dire OUI à l'initiative limitant le nombre de résidences secondaires.
Interventions
-
Pollution industrielle des sols dans le Chablais
Divers spécialist...
il y a 21 jours par Fabien Derivaz, Député(e) suppléant(e) au Grand Conseil -
Quelle sécurité pour les sites industriels valaisans à la suite d'une...
il y a 21 jours par Fabien Derivaz, Député(e) suppléant(e) au Grand Conseil -
Aéroport de Sion : quelques questions de l'AdG à la municipalité :
...
il y a 9 jours par Catherine Berthouzoz, Conseiller(e) général


