Grippe aviaire : Le tamis flou des autorités
Oiseaux migrateurs, petits élevages, pauvres paysans thaïlandais, turcs ou nigérians : ce sont les images médiatiques des responsables de la grippe aviaire. En fait, à creuser le sujet, il s’agit des dindons de la farce où les vrais responsables sont passés au travers du tamis flou journalistique : la souche mortelle H5N1 de la grippe aviaire est essentiellement un problème de pratiques d'élevage de volaille industrielles. Morceaux choisis.
S’il est indéniable que le réservoir naturel de la grippe aviaire est constitué par les oiseaux sauvages aquatiques, de plus migrateurs, la souche H5N1 est cependant le produit d’élevages industriels. Au Nigeria, l’apparition de la maladie a eu lieu dans un élevage industriel de plus de 40'000 bêtes, fruit d’importations illicites de « poussins d’un jour ». En Turquie, c’est l’élevage industriel qui envoie des cargaisons de volaille de piètre qualité aux fermiers pauvres. Dans les pays d'Asie du sud-est où la plupart des cas de grippe aviaire sont concentrés - la Thaïlande, l'Indonésie, le Viet Nam, la Chine – ce sont les multinationales avicoles qui fournissent les grands, moyens et petits éleveurs en nourriture, en œufs, en poussins d’un jour. Ils transportent les volailles et les déchets sur de grandes distances. Le virus accompagne ces transports des grands centres avicoles aux petites exploitations rurales et aux marchés régionaux en suivant les itinéraires des routes principales et des voies de chemin de fer comme le transsibérien (est-ouest), plutôt que ceux des voies migratoires aériennes (nord-sud).
Le Laos fait figure d’exception. Les basses-cours familiales du pays ont été, malgré la présence d’oiseaux migrateurs, à peine touchées car les agriculteurs élèvent et nourrissent eux-mêmes leur volaille. L’Australie et la Nouvelle-Zélande, situés sur les voies migratoires ne sont pas touchés par la maladie. Les oiseaux migrateurs les plus sévèrement touchés se trouvaient autour du lac Qinghai en Chine, à proximité d’une pisciculture qui recyclent les fientes de poulet comme nourriture.
Le virus H5N1 n’est pas passé des oiseaux migrateurs aux petites exploitations et de ces dernières aux grandes exploitations. Il a emprunté le sens inverse. Pour préserver l’industrie avicole, qui est une des plus globalisées au monde, les citoyens se font une fois de plus plumés et se retrouvent les dindons de la farce après la peste porcine, les poulets à la dioxine, le saumon au PCB, la vache folle et autres vacheries alimentaires. La grille de lecture des autorités : un tamis flou !
Grégoire Raboud, Les Verts
En images
Au-delà de la caricature, qui comporte toujours une part de vérité, il faut dire OUI à l'initiative limitant le nombre de résidences secondaires.
Interventions
-
Pollution industrielle des sols dans le Chablais
Divers spécialist...
il y a 21 jours par Fabien Derivaz, Député(e) suppléant(e) au Grand Conseil -
Quelle sécurité pour les sites industriels valaisans à la suite d'une...
il y a 21 jours par Fabien Derivaz, Député(e) suppléant(e) au Grand Conseil -
Aéroport de Sion : quelques questions de l'AdG à la municipalité :
...
il y a 9 jours par Catherine Berthouzoz, Conseiller(e) général


