Interruption de grossesse : Le respect de la vie
La vie « biologique » commence à la fécondation et se termine à la mort de l’individu. Elle se comptabilise en terme arithmétique (jours, mois, années). La vie sociale et culturelle (y compris religieuse) distingue l’Homme des autres animaux. L’Homme n’est pas Homme, il le devient. Contrairement aux animaux qui accomplissent un programme génétique, un rôle prédéterminé, l’Homme accomplit ou tente d’accomplir un programme, un rôle qu’il écrit lui-même (d’où sa liberté) en s’inspirant du drame social dans lequel il évolue. Cette vie culturelle ne se mesure pas en terme arithmétique, mais en termes subjectifs de rayonnement, de réalisation de Soi, de sagesse. L’accomplissement de cette vie nécessite certes du temps (la sagesse des Anciens). Elle nécessite surtout des « conditions-cadre » comme une bonne alimentation, un bon logement, une bonne hygiène, un travail rémunéré, un environnent sain.
Respecter la vie de l’Homme ne se réduit pas à respecter une quantité d’individus mais l’accomplissement d’une vie digne de l’Homme, une qualité de vie. Respecter la vie de l’Homme ne se mesure pas à l’acte (ou non-acte) d’un jour mais à une action de tous les jours.
La détérioration des conditions-cadre politique (Russie, Afghanistan, Proche-Orient), économique (précarisation de l’emploi liée à la globalisation, à la spéculation), culturelle (« Hollywoodisation » de la société), sociale (délinquance, toxicodépendance, prostitution infantile) et environnementale (pollution, dégradation des sols) porte atteinte à la santé physique et psychique de l’Homme. Au niveau mondial, parmi les principaux facteurs de risque pour la santé (pourcentage de la mortalité totale), la malnutrition arrive en tête (11,7% de la mortalité), suivi par le mauvais approvisionnement en eau et le mauvais assainissement (5,3%) et la pollution atmosphérique (1,1%). Dans les pays développés, ce dernier facteur est responsable de 2,5% de la mortalité (5,5% dans les ex-pays de l’Est. Aux Etats-Unis, une augmentation de 10% du chômage entraîne une hausse de mortalité de 1,2%. La plus grande partie de ces morts sont évitables. Accepter sans agir ces morts rend la société criminogène, d’autant plus que chaque citoyen du village planétaire est coresponsable du fait de l’interdépendance économique.
Respecter la vie, c’est, par exemple, améliorer les conditions-cadre sociale (assurance-maternité), politique (représentativité, fiscalité écologique et sociale), économique (juste rémunération), environnementale (protection de l’environnement, énergies renouvelables), c’est faire preuve d’une éthique sociale. Le régime des délais n’érige pas en valeur l’interruption de grossesse. Il est d’abord le symptôme de profondes carences dans l’éthique sociale, laquelle demande d’agir avant de condamner. Qui n’a pas péché lance la première pierre !
Grégoire Raboud, Les Verts/19.05.02
Sources :
- WRI, UNEP, UNDP, WB, 1998. World Resources 1998-99- Environmental Changes and Human Health. Oxford University Press.
- New Scientist, 27 avril 2002. The chips are down – What lies ahead for a world riven by money?
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Au-delà de la caricature, qui comporte toujours une part de vérité, il faut dire OUI à l'initiative limitant le nombre de résidences secondaires.
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