Téléphones portables : Ça blague et ça débloque !

Des portables qui coûtent 0.- Frs., ça ne s’achète pas, ça se donne. Mais les distributeurs qui les donnent nous achètent. Ils achètent nos défauts, nos manies de confondre dialogues et verbiages, écoute et bruit, interlocuteur responsable et auditeur distrait, indépendance et dépendance. Ils ont acheté notre naïveté par une promesse trompeuse : la concurrence va faire diminuer les coûts des communications ! Les tarifs par unité de temps ont certes baissé, mais les communications, même courtes (SMS), ont explosé tout comme les factures : les Suisses (90% possèdent un téléphone portable) dépensent entre 70.- et 100.- Frs. par mois en communication mobile.

Alors que les représentants de l’économie s’insurgent facilement sur les hausses des coûts de la santé, ils se félicitent de la croissance du chiffre d’affaires du secteur des communications ! Pour l’utilisateur, les communications, qui font partie d’un service public, constituent des coûts de plus en plus élevés mais peu contestés : il en va de même de toutes les dépendances ! Et les distributeurs sont passé maîtres dans l’art d’attirer les jeunes dans cette nouvelle dépendance où les premières expériences sont souvent douloureuses, avec des factures dépassant plusieurs centaines de francs les premiers mois. C’est cher pour du bon marché, c’est empoisonné pour un cadeau. Or les Suisses pourraient économiser 1,7 milliard de francs chaque année en choisissant un forfait adapté à leur consommation.

Mais le portable symbolise surtout le marché global. La fabrique d’un téléphone mobile implique des dizaines d’entreprises avec chacune leur sous-traitant impliquant des pays comme la Hongrie, l’Allemagne, la Finlande, la République tchèque, la Chine et le Japon sans parler des fournisseurs de matières premières comme la République démocratique du Congo ou l’Australie. Dans nombre d’entre eux les bonnes conditions de travail ne sont pas respectées. De plus la fabrique des téléphones portables a des conséquences néfastes pour l’environnement. Pour fabriquer une puce de 2 grammes – un mobile peut en contenir plus d’une douzaine, il faut 32 litres d’eau, 72 grammes de produits chimiques et 1,6 kg d’énergie fossile, soit 800 fois son poids. Pour comparaison, la construction d’une voiture nécessite deux fois son poids en énergie fossile.

Comme les Suisses remplacent leur téléphone portable en moyenne après huit mois, ils sont responsables d’un énorme gaspillage d’eau, de matières premières (métaux lourds) et d’énergie, sans parler des conséquences sur leur élimination. Malheureusement, le Sud, au début du cycle de vie par la production, revient à la fin par l’élimination. Les Etats-Unis, qui, avec l’Afghanistan et Haïti, n’a pas ratifié la Convention de Bâle sur les déchets spéciaux, est le principal producteur mondial de déchets électroniques et exporte 80% de ses déchets en Chine et en Inde. Ces déchets polluent rivières et sols et provoquent des risques sanitaires pour la peau, les voies respiratoires, les reins et le système nerveux.

Si cette information vous intéresse, alors n’hésitez pas à vous la procurer à la Déclaration de Berne au 021 620 03 03 ou sur le site internet de la Déclaration de Berne. C’est une communication qui peut vous rapporter. Sans blague !

Grégoire Raboud, Les Verts

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