Tourisme équitable : Bonnes vacances

Le temps des vacances, c’est le temps de faire littéralement le vide pour donner au corps et à l’esprit le repos ou l’exercice qu’ils méritent. La peur du vide qui hante l’esprit de l’Occidental le pousse à remplir le vide des vacances par un plein d’activités accompagnées d’une mobilité fébrile. Le tout se décline par une consommation et une économie touristique. En 2004, les arrivées de touristes internationaux (43% par avion) se sont monté à 763 millions (un record), dont la majorité (52%) ont voyagé pour loisirs, détente et vacances. Les recettes mondiales (623 milliards de dollars) ont été absorbé pour un peu plus de la moitié par l’Europe (52%), les Amériques (21%), l’Asie et le Pacifique (20%), l’Afrique et le Moyen-Orient (6% chacun). Si les pays pauvres attendent des devises du tourisme, les pays occidentaux prêchent le « tourisme pour le développement » pour obtenir de nouvelles destinations exotiques et bon marché.

Malheureusement, le tourisme de masse qui prévaut est régi par des tours opérateurs qui possèdent agences de voyages, sociétés de vols charters et hôtels. une part importante de l’argent des voyageurs reste dans le pays d’origine et la part qui revient au pays d’accueil est absorbée en grande partie dans l’importation de biens nécessaires à l’activité touristique (boissons, équipement et matériel hôtelier et de loisirs, télévisions, climatisation). En Thaïlande, 30% des flux financiers du tourisme profite au pays. Ce qui reste aux pays de destination : une dégradation de l’environnement social, culturel et physique. Les emplois sont précaires, saisonniers et réservés à 70% pour les femmes (personnel de chambres, de cuisine, de conciergerie), l’exploitation sexuelle touche aussi les enfants (2 millions d’enfants en sont victimes). Les cultures indigènes ne sont pas respectés (temples et monastères en Inde et au Népal, tribus Masaïs chassées de leur territoire pour des safaris en Tanzanie). L’environnement est dégradé (récifs détruits, plages souillées dans les Caraïbes et en Méditerranée), et les ressources surexploitées au détriment de la population locale (un parcours de golf créé dans un pays tropical engloutit 1,5 tonnes de pesticides et d’engrais par an et utilise autant d’eau que 60'000 habitants d’une zone rurale ; la consommation annuelle d’électricité d’un seul hôtel du Caire équivaut à celle de 3600 foyers égyptiens).

Le tourisme équitable est possible. C’est un tourisme qui repose sur des relations commerciales entre partenaires basées sur le respect mutuel, la transparence et la responsabilité, sur des prix équitables couvrant les frais de production et garantissant un bien-être pour la communauté, des conditions de travail respectant des droits légaux et protégeant les enfants, l’intégration et la participation de la communauté à l’économie locale dans le respect des cultures locales, ainsi que l’utilisation durable des ressources et la protection de l’environnement.

Garçon ! Un demi de Fendant, avec votre tomme d’alpage et du pain. Pour les enfants, ce sera votre sirop de sureau !

Grégoire Raboud, Les Verts

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