Moratoire sur la vente des résidences secondaires aux étrangers : une décision courageuse, mais tardive et incomplète
En décrétant un moratoire sur la vente de résidences secondaires aux étrangers, le Conseil d’Etat fait preuve de courage et de détermination qu’il convient de saluer, même si la mesure intervient tardivement, s’avère problématique dans sa mise en œuvre et n’a qu’une portée limitée.
Pour les Verts valaisans, la mesure est tardive car l’Exécutif cantonal n’a pas su ou pas voulu - en dépit des avis de la Confédération - anticiper le phénomène qu’il entend combattre aujourd’hui : au courant de l’évolution du marché immobilier dans ce secteur précis, il aurait pu agir en temps utile et de façon adéquate tant dans le domaine de l’aménagement du territoire que dans celui de la construction pour éviter cette situation de surchauffe qui ne profite en définitive qu’à une minorité de nantis.
Pour les Verts valaisans, la mesure est problématique, car comment peut-on empêcher la conclusion licite de transactions immobilières entre particuliers et de quelles façon peut-on contraindre des communes jalouses de leurs prérogatives et sans vision sur le développement futur de leur territoire, à restreindre, voir interdire toutes ventes de résidences secondaires à des étrangers.
Pour les Verts valaisans, la mesure est enfin de portée limitée, car c’est l’ensemble du problème de ce genre de résidences, en particulier leur impact économique, environnemental et social qui doit être repensé de manière approfondie et redéfini sur de nouvelles bases. Le moratoire nous donne l’opportunité d’y réfléchir et d’agir en faveur d’un développement mieux maîtrisé.
Pour les Verts valaisans qui ont été parmi les premiers à porter cette question sur le devant de la scène, la situation actuelle de l’immobilier dans les zones touristiques est absolument insatisfaisante et ne peut s’éterniser : elle démontre que les communes valaisannes sont pour la plupart incapables de faire face au phénomène du développement incontrôlé des résidences secondaires. Il est dès lors impératif que les responsables politiques de ce canton, à tous les niveaux que ce soit, s’inspirent du rapport Spoerri du 5 décembre 2006 pour mettre rapidement en place une véritable politique de développement durable non seulement sur le papier, mais dans les faits.
Finalement, à quelque chose malheur est bon : cette surchauffe démontre à l’envi que l’abrogation pure et simple de la Lex Koller serait un acte politique irresponsable et désastreux : elle devrait donc être assortie de mesures d’accompagnement sérieuses, ancrées dans la législation tant fédérale que cantonale. Les Verts valaisans y veilleront.
Pour les Verts valaisans, Grégoire Raboud, Président
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Au-delà de la caricature, qui comporte toujours une part de vérité, il faut dire OUI à l'initiative limitant le nombre de résidences secondaires.
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