Large aeroport international sion

Pour les Verts, si l’on excepte le changement de statut et de gouvernance de l’aéroport, la « nouvelle » stratégie de développement de l’aéroport de Sion n’en est pas réellement une puisqu’elle perpétue le modèle d’un aéroport civil financé majoritairement par de l’argent public pour un impact marginal sur le développement touristique du canton.

Des conséquences financières importantes à charge du contribuable sédunois et valaisan

Le retrait de l’armée de l’aéroport de Sion aura un impact financier très important pour les collectivités publiques qui en assument le financement, soit la Ville de Sion et le canton. Selon le rapport du professeure Laure Athias[1], le déficit généré par ce départ est estimé à 8 à 10 millions de francs par an. A ce stade, ce sont les contribuables sédunois et valaisans qui trinqueront pour boucher le trou. Du côté des infrastructures, le rapport pointe du doigt la nécessité d’investir d’importants montants pour mettre à niveau les installations, notamment les voies de roulement. On peut s’étonner à cet égard que la Ville et le canton aient décidé en 2017 déjà d’investir 6.5 millions pour ces rénovations, alors que la stratégie n’était même pas arrêtée. Les Verts avaient d’ailleurs demandé en vain au législatif de la Ville un moratoire sur les investissements à l’aéroport en attendant la définition d’une nouvelle stratégie.

Un impact faible sur le développement touristique

La moyenne de touristes transitant par l’aéroport de Sion est de 25'000 par an. Si l’on met se chiffre en rapport avec les 14 millions de nuitées annuelles réalisées par la branche touristique valaisanne, on mesure le marché de niche que constitue l’aéroport de Sion.

Ces vingt-cinq dernières années, les autorités n'ont pas ménagé leurs efforts pour faire décoller l'aéroport de Sion. Ce ne sont pas moins de 80 millions[2] d'argent public qui ont été consacrés entre frais de fonctionnement et investissements. Rien n'y fait : le nombre de passagers stagne.

De nombreuses incertitudes et, au final, des risques importants pour les collectivités publiques

Le départ de l’armée de l’aéroport de Sion entraine de nombreuses incertitudes sur le périmètre de l’activité civile de l’aéroport (point 5.2.1 du rapport Athias). Il faut en effet rappeler que l’armée va rester propriétaire des terrains de l’aérodrome militaire et que l’on ne connaît actuellement ni le périmètre ni les conditions d’utilisation de ces terrains. En outre, l’activité militaire résiduelle, à la fois au sol et aérienne, est source d’incertitude pour la rentabilité de l’aéroport (point 5.2.2.9 du rapport Athias, p. 29-30)

Par ailleurs, il saute aux yeux qu’avec 25'000 passagers, l’aéroport de Sion est très loin du seuil de rentabilité (point 5.2.2 du rapport Athias).  Il n’échappera certainement à personne que des aéroports tels que Berne ou Lugano traversent d’importantes difficultés économiques.

Le valais ferait mieux de miser sur le développement de ses liaisons ferroviaires

Alors, le Valais touristique a-t-il besoin de l’aéroport de Sion pour assurer son développement ? A cette question, les Verts partagent l’avis de Vincent Kaufmann - professeur de sociologie urbaine et d’analyse de la mobilité à l’EPFL, qui s’exprimait récemment encore dans le Nouvelliste[3] en disant que le valais avait intérêt à privilégier un développement de l’offre de liaison ferroviaire au niveau national et international.

Jean-Pascal Fournier, Président

079 704 69 33                                                                                                                       

[1] https://www.vs.ch/documents/529400/4295434/Rapport+Athias/83289a63-3dde-430f-917a-375fac258ab8

[2] Déficit annuel : 2 millions ; investissements annuels moyens : 400'000.00 ; construction de l’aérogare : 20 millions

[3] Nouvelliste du 3 octobre 2018, p. 3

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