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Pour son premier événement en 2018, la section des Verts du coude du Rhône a souhaité mettre en avant l'évolution positive de ces dernières années dans le traitement de la vigne en Valais. Pour cela, Pascal Roduit, responsable des traitements à l'hélicoptère pour les régions de Martigny, Bovernier et Savièse, était l'invité de la soirée du 16 avril 2018 pour partager son expérience avec la quinzaine de personnes présentes.

Il a relevé que la quantité de produits phytosanitaires d'origine chimique répandus avait fortement diminué ces dernières années. Certaines régions du Valais, notamment les plus sèches comme la région de Salquenen, ont même été traitées sans produits de synthèse en 2017. Malheureusement, cela n'est pour l'instant pas possible aux alentours de Martigny, où les conditions climatologiques légèrement plus humides nécessitent encore l'utilisation de quelques fongicides, seule catégorie de produits chimiques épandue par hélicoptère. Il faut savoir que les champignons représentent une des principales sources de dégâts sur la vigne, notamment avec le mildiou et l’oïdium. Parmi les alternatives, le lait de vache joue un rôle central, principalement contre l’oïdium. L'action du lait s'expliquerait par ses propriétés anti-fongiques naturelles et sa vaporisation renforcerait les défenses immunitaires des plantes. En 2017, quelques 120'000 litres de lait ont été utilisés à cette fin sur le canton. Pour l’anecdote, dès 2018, le lait ne sera appliqué que jusqu'à la fin de la floraison, pour éviter la présence de protéines de lait sur le raisin, protéines auxquelles certaines personnes sont intolérantes.

D'autres pratiques sont également développées, comme l’utilisation d'extraits de plantes pour stimuler la défense naturelle de la vigne. Dès 2018, des préparations à base d'ortie ou de prêle seront employées. La prêle, au travers de la silice qu'elle contient, permet un renforcement jusqu'à 30 pour cents de la paroi des plantes, ce qui rend l'attaque des champignons plus difficile. En outre, l'utilisation de talc permet d'assécher plus rapidement le feuillage des plantes. Les champignons ayant besoin d'humidité, cela entrave leur développement.

Toutes ces méthodes permettent le passage vers des traitements dit « low-residue », grâce auxquelles le raisin finalement produit ne contient pas ou très peu de résidus de traitements chimiques. Cependant, cette évolution vers des produits plus doux nécessite un plus grand nombre de traitements. Si en conventionnel 7 applications sont généralement suffisantes, un traitement biologique en impliquerait par exemple 9 et en biodynamie ce chiffre peut même monter à 12 applications. Cette différence a évidemment une conséquence sur le coût du traitement par hectare. En effet, le prix moins élevé des produits appliqués en bio ne permet pas de compenser le surcoût engendré par leur application. De plus, l'utilisation de produits alternatifs implique également de travailler en préventif et d'anticiper rapidement en fonction des conditions météorologiques se profilant. Dans ce cas également, l'hélicoptère peut souvent représenter l'unique solution.

Pascal Roduit nous a également fait part de l'expertise nécessaire aux traitements à l'hélicoptère et la prise en compte des conditions locales. L'heure de traitement, par exemple, va dépendre fortement des conditions locales de vent. De plus, en milieu citadin comme autour de Martigny, alors que les traitements sont officiellement autorisés à partir de 6h00 du matin, ils ne débutent généralement qu'à partir de 7h00 afin de réduire les nuisances sonores pour la population.

Les Verts du coude du Rhône saluent l'évolution vers une culture de la vigne plus respectueuse de l'environnement, résultat d'une véritable prise de conscience autant de la part des consommateurs que des producteurs et encouragent la branche viticole à continuer dans cette direction. Nous remercions sincèrement Pascal Roduit pour son exposé passionnant, ainsi que Didier Ançay pour sa courte intervention sur les possibilités qu'offrent les drones pour l'épandage de produits.

 

Pour la section,
Alain Foehn


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