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L’initiative de l’UDC sur la préférence cantonale à l’emploi s’inscrit dans la droite ligne de l’application du nouvel article 121a de la Constitution fédérale suite à l’acceptation de l’initiative « NON à l’immigration de masse ».

Pour les Verts, l’initiative de l’UDC valaisanne est anticonstitutionnelle

Les Verts doutent de la constitutionnalité de la démarche dans la mesure où il appartient à la Confédération de mettre en œuvre le nouvel article de la Cst. fédérale. Une modification de la constitution tessinoise dans ce sens n’a pas encore reçu l’approbation de la Confédération. Dans le cas présent, s’agissant d’une modification d’une loi cantonale[1], il est possible d’avoir un contrôle concret de la constitutionnalité. Il s’agira alors de provoquer dans un cas concret un recours pour contrôler la constitutionnalité de ces nouvelles dispositions légales.

Les contradictions de l’UDC valaisanne

En décembre 2016, les Chambres fédérales ont bouclé la mise en œuvre de l’initiative contre l’immigration de masse. Le projet prévoit de donner la priorité à la main d’œuvre en Suisse par rapport à la main d’œuvre étrangère. Or, à Berne l’UDC a crié à la trahison tandis que, dans les cantons, il lance des initiatives qui reprennent plus ou moins la solution fédérale. Comprenne qui pourra. Il faut y voir là de l’agitation politique à des fins purement électoralistes. 

Un faux problème

L’UDC prétend vouloir combattre le dumping salarial. La législation actuelle garantit déjà que les conditions de travail des travailleurs étrangers ne doivent pas être inférieures aux travailleurs indigènes. Le problème n’est pas là. Il faudrait plutôt renforcer les mesures d’accompagnement en augmentant les contrôles sur le terrain et en prévoyant des sanctions beaucoup plus lourdes pour sanctionner les employeurs suisses qui engagent des travailleurs étrangers en-dessous des minimas salariaux. Or, l’UDC s’oppose constamment au renforcement des mesures d’accompagnement.

Par ailleurs, la proposition de l’UDC ne résout en rien le fait que les travailleurs suisses ne veulent plus travailler dans certaines professions, dont il faudrait revaloriser les conditions de travail. C’est en particulier le cas dans l’hôtellerie et la restauration, le secteur de la construction et l’agriculture. Va-t-on trouver beaucoup de suisses qui vont accepter de travailler dans l’hôtellerie restauration avec un salaire minimum de Frs. 3'417.00 francs ? Va-t-on trouver beaucoup de suisses qui voudront travailler dans l’agriculture avec un salaire horaire minimum de Frs. 13.50 ? Si les employeurs n’engagent pas de travailleurs suisses dans ces branches, c’est que bien souvent ils ne trouvent pas de travailleurs indigènes.

En conclusion, l’initiative de l’UDC est un immense écran de fumée qui est répandu pour faire croire qu’elle s’occupe des problèmes des gens alors que la mesure est d’une part anticonstitutionnelle et d’autre part ne produira pas les effets escomptés.

Jean-Pascal Fournier, président

[1] Loi sur l’emploi et les mesures en faveur des chômeurs (LEMC)

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Kevin Morisod, 23 ans, membre du comité des Jeunes Verts valaisans, vient d’être élu co-président des Jeunes Verts suisses. Etudiant en médecine proche du diplôme, il tient tout particulièrement à la solidarité internationale : il a ainsi présidé une association engagée en Suisse et dans des pays en voie d'industrialisation en faveur d'un meilleur accès à la médecine des populations vulnérables.


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