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La seule et vraie question qui est posée le 30 novembre par rapport au train d’économies d’ETS1, c’est : quelle société voulons-nous et quelle qualité/quantité de prestations voulons-nous ?

Parfois, il faut rappeler des choses simples bien connectées à la vie réelle de tout un chacun. Les impôts servent à payer des prestations que tout le monde utilise. C’est comme quand l’on commande des travaux de rénovation de sa maison ou qu’on va chez son carrossier ; à un moment donné, il y a une facture qui arrive dans la boîte aux lettres.

Pour les enfants qui vont à l’école, pour les malades qui utilisent les hôpitaux, pour les conducteurs qui utilisent les routes, pour les propriétaires de biens qui veulent la sécurité de leur propriété inscrite dans un registre foncier, pour les consommateurs de culture dans des festivals subventionnés ou encore pour les bénéficiaires de conseils dans les ORP….il y a une facture à payer. Elle se nomme l’impôt depuis l’invention de l’Etat. En Valais, le volume des impôts a objectivement baissé de 240 mios en 10 ans.

Les prestations du Valais n’ont pas augmenté de façon réelle si on compare des pommes avec des pommes. Ou très peu. Elles ont par contre objectivement augmenté parce qu’elles ont été rejointes par le report de tâches très dynamiques (comme dans la santé ou le social) confiées par la Confédération aux cantons. Elles ont changé parce que leur volume a dû suivre la hausse de la population de près de 20% sur 10 ans. Or, si on essaie de résoudre une équation qui paraît simple : hausse du volume des prestations x baisse des rentrées fiscales, il est certain que le résultat est la baisse de la qualité des prestations ou le pur et simple abandon de certaines d’entre-elles.

Le monde politique valaisan n’a pas anticipé ce phénomène et est aujourd’hui incapable de donner une réponse à l’équation ci-dessus. Enfin, si. La seule réponse est une pagaille de décrets, de coupes en tout genre, de motions et postulats les plus mesquins les uns que les autres pour s’attaquer à la seule proie facile et captive que sont les employés d’Etat. Evidemment trop payés, évidemment tous à rien faire, évidemment tous privilégiés.

Si on analyse plus loin encore la raison de deux déficits réels ou annoncés (83 mios pour le Compte 2013 et 100 mios pour le Compte 2014), il y a un cadre constitutionnel de gestion des finances publiques très, trop rigide qui sévit en Valais. Il s’appelle le double frein aux dépenses et à l’investissement. En période de croissance économique, c’est très facile de le faire fonctionner. On pose les limites d’équilibre des budgets, mais comme il y a assez d’argent, on peut même faire des cadeaux…dont la périodicité est souvent celle de 4 ans. La responsabilité du politique est de voir loin et prévoir pour aujourd’hui et demain. En période faste, il faut faire des réserves. Ce qui n’a pas été fait. On a même creusé les recettes en faisant 240 mios de baisses fiscales.

En période de ralentissement économique, le double frein à la valaisanne fonctionne comme un couperet ou une hache. Il faut impérativement compenser les pertes d’un exercice comptable dans le budget suivant. Sans priorisation, sans coussin d’amortissement, sans bienveillance pour la population. La situation du Budget 2015 est bien celle-ci. Les coupes par décrets successifs quand les modifications de loi sont impératives, les coupes budgétaires quand c’est le seul politique qui peut décider et on y va. Pourvu que les chiffres soient noirs. Après nous, le déluge. Les comptables sont contents.

S’il a existé ETS1, c’est qu’il y aura ETS2. Une vaste analyse des tâches et des structures de l’Etat. On coupera encore et encore. On abandonnera des tâches dans la santé, dans l’école, dans les subventions, etc. On baissera les standards de qualité. Ou on supprimera la qualité tout court. A part cela, tant que l’analyse d’ETS2 ne sera pas faite par BakBasel, les déficits des comptes 2015-2016 s’ajouteront à ceux 2013 et 2014. La facture= 400 millions d’économies à faire.

Dire NON à ETS1, c’est arrêter un train qui démarre mal. Arrêter un train qui s’emballe. Arrêter un train piloté sans anticipation par des fondamentalistes des chiffres ou des comptables mal éclairés.

Jean-Pascal Fournier, président

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