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Un vrai problème, mais une fausse solution

L’initiative ecopop est souvent taxée d’initiative verte. Elle n’a pourtant rien à voir avec la politique des Verts. Cette initiative veut limiter la croissance de la population suisse pour soulager l’environnement. La question du nombre d’habitants que notre nature peut supporter a-t-elle un sens ? Certainement pas prise isolément. En réalité, ##ecopop se trompe d’indicateur.## En réalité, il faut inverser la question. La vraie question à se poser est : « comment puis-je vivre en respectant les limites de la planète ? »

Poids démographique et préservation des ressources naturelles ne vont pas forcément de pair

Les Verts et ecopop peuvent certainement s’accorder sur le point de la diminution des dommages portés à l’environnement et de la surexploitation des ressources. Mais ceci n’implique pas forcément une limitation de la population : le poids démographique est un critère parmi d’autres, même s’il joue un rôle important. Deux exemples pour l’illustrer :

  • En Suisse, la consommation finale d’énergie a plus que quintuplé entre 1950 et 2012. Durant la même période, la population a été multipliée par un facteur 1,7. En 2012, elle était de 10.5% plus élevée qu’en 1990. Durant la même période, la population a augmenté de 19%. L‘exemple le montre bien : ce n’est pas le nombre de personnes qui est décisif mais bien la demande des personnes en matière énergétique – laquelle dépend entre autres du prix de l’énergie et des habitudes de consommation – ainsi que l’efficacité énergétique et les technologies utilisées.

  • Entre 1979/85 et 2004/09, la surfaces d’habitation a augmenté de 44 % alors que la population résidente moyenne a augmenté de 17%. Parallèlement à la croissance démographique, la demande par habitant en surface de logement joue un rôle important ; ceci renvoie à la question de savoir où et comment l’on construit.

Les statistiques de l’activité de la construction montrent que le nombre annuel de nouveaux bâtiments avec logements est resté relativement constant depuis 1990, et a plutôt légèrement diminué. L’activité de la construction n’est donc pas simplement une conséquence de la libre circulation des personnes mais dépend d’autres facteurs. Il faut encourager les constructions attractives contenant plusieurs logements, plutôt que les maisons individuelles, pour optimiser l’occupation du sol. Dans les dix années précédant l’introduction de la libre-circulation des personnes (1993-2002), 117'871 maisons individuelles ont été construites. Entre 2003-2012, il y en a eu 109'069. La libre-circulation des personnes n’a donc pas eu un impact décisif en la matière, il s’agit d’une tendance de fond liée à l’évolution de notre mode de vie. En 2012, la part des maisons individuelles s’élève encore à plus de 60% des nouveaux bâtiments avec logements, ce qui qui est clairement trop.

C’est notre empreinte écologique que nous devons réduire

De fait, l’indicateur central, parce qu’il fait directement référence au problème visé, est l’empreinte écologique. Elle permet de représenter l’impact environnemental d’une population en le traduisant en une surface que l’on rapporte ensuite à l’espace dont cette population dispose effectivement. Cette empreinte écologique montre qu’un groupe d’individus même restreint, s’il adopte un mode de vie irrespectueux de la nature, peut causer des dommages considérables. A l’inverse, une population nombreuse peut avoir un faible impact sur son environnement. Celui-ci est souvent dû, malheureusement, à la pauvreté dont elle souffre. Mais il peut aussi être la suite d’une consommation responsable et d’un système de production utilisant des technologies particulièrement propres et efficientes.

La solution des Verts c’est l’initiative pour une économie verte

Pour réduire notre impact sur l’environnement, il faut sortir du débat strictement quantitatif de la croissance - que ce soit celle de la population ou du PIB - pour aborder la manière dont nous consommons les ressources et dont nous produisons nos biens et services. C’est ce que propose l’initiative populaire pour une économie verte. Actuellement, notre économie fonctionne de manière linéaire : nous extrayons les ressources, les transformons en marchandises, les consommons, puis les jetons, en générant gaspillage, émissions polluantes et déchets. Le résultat est désastreux en termes d’empreinte écologique, que ce soit au niveau de l’utilisation des matières premières, de l’énergie ou du sol. Si l’ensemble de la population mondiale produisait et consommait comme nous, les ressources de près de trois planètes seraient nécessaires pour répondre à ses besoins. Les Verts veulent dès lors promouvoir une économie durable et efficiente, avec, à la clé, une empreinte écologique d’une planète. Cette économie est circulaire : ses émissions et ses déchets sont revalorisés, réintégrant de nouveaux cycles de production, et ce qui ne peut être recyclé ou réutilisé retourne aux cycles naturels, sans pour autant leur porter atteinte.

Cette perspective permet d’éviter la stigmatisation de ceux qui viennent travailler ici pour répondre aux besoins de notre économie. Quant aux problèmes liés à la concentration de la croissance dans certaines régions, ils doivent recevoir des réponses en termes de mobilité, d’aménagement du territoire et, surtout, de politique régionale, afin de promouvoir un développement durable sur l’ensemble de notre territoire.

Jean-Pascal Fournier, président des Verts vs

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