L'accord de Copenhague sur le climat est absolument insuffisant

Les chefs d’Etat réunis à Copenhague se sont accordés pour reconnaître que le climat mondial ne doit pas se réchauffer de plus de deux degrés. Mais ils n’ont pris aucune décision concernant les moyens à mettre en œuvre pour atteindre ce but. Ils n’ont pu s’entendre ni sur des objectifs de réduction contraignants, ni sur des instruments de protection du climat. La catastrophe semble inévitable.
La conférence de Copenhague sur le climat a déçu presque toutes les attentes. Après deux semaines de négociations, elle accouche d’un accord dépourvu de substance, totalement insuffisant, qui n’aura même pas force de contrainte. Le sommet climatique a eu lieu pour rien. Sans objectifs de réduction contraignants ni mesures efficaces, il est vain d’espérer maintenir le réchauffement du climat en-deçà des deux degrés fatidiques. On sait pourtant que le dépassement de cette limite aurait des conséquences catastrophiques pour l’espèce humaine.
Les gouvernements n’ont pas mesuré la gravité des problèmes climatiques. La plupart des Etats sont venus à Copenhague pour défendre leurs intérêts nationaux, et ils ont montré peu d’empressement à agir pour protéger le climat. L’imbrication d’enjeux environnementaux, financiers et sécuritaires a rendu extrêmement difficile la recherche d’une solution commune, sans oublier l’épineuse question de la pauvreté.
Les Verts vont continuer à exercer une pression maximale pour qu’un accord international soit trouvé. Au plus tard lors de la prochaine grande conférence climatique de l’ONU, qui aura lieu en 2010 à Mexico, les pays industrialisés devront s’engager à réduire leurs émissions de 40% à l’horizon de 2020, comme le recommandent urgemment les milieux scientifiques. Les pays émergents devront eux aussi participer à l’effort de réduction. Il faut de plus réunir 170 milliards de francs pour aider les pays en développement à faire face aux bouleversements climatiques et à contenir le volume de leurs émissions.
La Suisse subit elle-même les conséquences du changement de climat. Pour préserver ses propres intérêts économiques, elle ne peut pas se contenter d’attendre les accords internationaux. Au début du mois de janvier, la commission de l’environnement du Conseil national (CEATE) va examiner la loi sur le CO2. Une opportunité pour la Suisse de se fixer un objectif de réduction ambitieux et de mettre en place des mesures efficaces pour l’atteindre. Faute de quoi les Verts demanderont au peuple de se prononcer sur l’initiative climatique. La pression des citoyennes et citoyens est plus que jamais nécessaire.
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