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Une vaste alliance a déposé aujourd’hui l’initiative pour la sortie du nucléaire lancée par les Verts. L'initiative revendique l'interdiction de nouvelles centrales nucléaires, une durée maximale d'exploitation des centrales existantes ainsi qu’un tournant énergétique tablant sur moins de consommation et plus d’efficience énergétique et d’énergies renouvelables. L’initiative est d’autant plus nécessaire que la stratégie énergétique 2050 du Conseil fédéral, tout en interdisant de nouvelles centrales, ne fixe aucune limite à l’exploitation des centrales existantes, ce qui retarde le tournant énergétique.

Aujourd’hui vendredi, une vaste alliance d’organisations antinucléaires a déposé auprès de la Chancellerie fédérale quelque 125'000 signatures en faveur de l’initiative pour la sortie du nucléaire. Lors de la conférence de presse, la co-présidente des Verts, Regula Rytz, a déclaré : « Nous sommes très heureux que nos revendications aient trouvé un si large soutien. Notre initiative nous donne les moyens d’améliorer la stratégie énergétique de la Confédération dans le sens où nous le souhaitons ».

S’appuyant sur les scénarios énergétiques que les Verts ont élaboré, Bastien Girod, leur vice-président, a montré combien l’initiative est nécessaire et réalisable. De plus, il a démontré que la sortie du nucléaire d’ici 2029 est réaliste, à condition d’éliminer enfin les blocages et encourager réellement les énergies renouvelables et l’efficience énergétique. Concernant les coûts, il a précisé : « La sortie du nucléaire est créatrice d’emplois. La Fondation suisse de l’énergie les estime à 85'000, dans toutes les régions suisses ». Bastien Girod a également relevé que la stratégie énergétique de la Confédération va dans la bonne direction. Mais, sans date butoir, le rééquipement continu des anciennes centrales nucléaires nécessitera beaucoup d’argent au détriment du tournant énergétique. Or, l’économie a besoin d’un signal clair pour investir dans un nouvel avenir énergétique.

Lena Frank, co-présidente des Jeunes Verts, a souligné l’importance historique de la sortie du nucléaire : « Les déchets nucléaires, c’est une dette énorme que nous laissons aux générations futures, elle ne doit pas augmenter ». C’est pourquoi il faut rapidement sortir du nucléaire.

Pour la présidente du Conseil de fondation de Greenpeace Suisse, Cécile Bühlmann, c’est une évidence : « Une limitation de la durée d’exploitation des centrales nucléaires est un gage de sécurité pour tous : la population, les autorités de surveillance, les instances politiques ainsi que les exploitants des centrales et leurs propriétaires ». A l’inverse, une exploitation illimitée signifie de gros risques résiduels et une insécurité dans la planification énergétique.

Pour Philippe de Rougemont, président de Sortir du nucléaire, l'industrie atomique a démontré sa faillite morale et technique. Les autorités ont décidé la sortie du nucléaire sans fixer de date de fermeture des centrales, c'est insensé. L'initiative comble cette lacune et fixe une exploitation maximale de 45 années à ne pas dépasser.

Ainsi que l’a relevé Brigit Wyss, co-présidente de Plus jamais de centrales nucléaires (Nie wieder AKW, NWA), la lutte dure depuis des décennies et a connu de nombreux succès. A titre d’exemple, l’initiative pour un moratoire sur les centrales nucléaires, lancée par NWA et acceptée par le peuple et les cantons en 1990. Brigit Wyss regrette cependant que cette pause de dix ans n’ait pas été mise à profit : « Cette fois nous ne céderons pas ».


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Dès le début, les Verts se sont engagés en faveur d'une révision totale de la Constitution au travers d'une Constituante. Retour en image avec le débat ayant opposé Marylène Volpi Fournier (ex-députée verte et coprésidente du comité d’initiative) à Jérôme Desmeules (député, ex-coprésident de l’UDC du Valais romand).


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