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Réflexions personnelles sur l’aéroport de Sion

Texte paru dans le Peuple valaisan du 6 février 2012

Première réflexion : de part sa configuration, le Valais est une caisse de résonnance pour le bruit, celui-ci se répercutant contre les montagnes. Le bruit généré par les jets militaires ne concerne donc pas uniquement les habitant-e-s de Sion, mais toute la population du Valais central. Selon le commandant Jacquod, chef de la Base aérienne, le bruit infernal des jets à l’atterrissage et/ou au décollage ne durerait que 10-15 secondes, ce qui reviendrait en tout à 3h par année, donc pas grand chose. Ce qu’il oublie, c’est que ces 10-15 secondes perturbent la vie quotidienne, il n’est plus possible d’enseigner, de parler ou de dormir. Même les animaux domestiques sont sur le qui-vive ! Peut-être qu’avec de bonnes fenêtres, dans un immeuble moderne superbement isolé, le bruit est assez atténué pour ne pas déranger. Mais à qui demander des subventions pour changer les fenêtres et isoler une maison qui ne le serait pas assez ? Le cadastre du bruit fournira une partie de la réponse. Mais il n’est pas encore déterminé puisqu’il dépend de beaucoup de facteurs, dont le nombre et le type des nouveaux avions de combat que la Confédération veut acheter. Dans tous les cas, le bruit va exploser puisque tous les jets militaires actuels sont aussi bruyants que les F/A 18. Le développement de Sion risque d’être péjoré mais cela, seul le rapport de l’EPFL peut nous le dire avec précision. Or, il a de la peine à sortir.

Deuxième réflexion : si par hasard il n’y avait plus d’aérodrome militaire à Sion, il faudrait rentabiliser l’aéroport civil. Selon l’ancien directeur de Cointrin, un aéroport civil peut devenir rentable avec un minimum de 500'000 à 1 million de passagers par année. Or, à l’aéroport civil de Sion transitent entre 40'000 et 50'000 passagers par an. Cela veut dire qu’il faut au minimum décupler le nombre de passagers par an, en augmentant le nombre de mouvements de jets privés et/ou en augmentant la taille des avions. Ce qui implique augmentation du bruit et de la pollution. La pollution sonore occasionne entre autres stress, troubles du sommeil et de l'audition, et problèmes cardio-vasculaires, immunitaires et endocriniens pour les riverain-e-s de l’aéroport, même lorsqu’ils disent ne plus entendre les avions. D’autre part, les avions rejettent du kérosène, du dioxyde d'azote, du dioxyde de carbone et des hydrocarbures imbrûlés dans l’air. Le Valais étant un bassin de rétention, Sion étant l’une des villes les plus polluées de Suisse, est-il nécessaire d’en rajouter ? Est-ce raisonnable de mettre ainsi en danger la santé de la population sédunoise et celle du Valais central ?

En conclusion, est-il raisonnable de baser le développement économique du Valais sur l’aviation, un moyen de transport polluant et non durable, alors qu’il y a un aéroport international à 1h30 de train ?

Cathy Berthouzoz, conseillère générale

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