Large r sidences secondaires

Les problèmes engendrés par la prolifération des résidences secondaires (R2) sont aujourd’hui reconnus et documentés dans de nombreuses études. Ces problèmes sont notamment les suivants :

  • Augmentation des lits froids (lits non commercialisés générant peu de retombées économiques)
  • Diminution de la part des lits hôteliers dans l’offre d’hébergement (la R2 tue l’hôtellerie)
  • Difficulté pour la population locale d’accéder à la propriété et de trouver un logement vu l’augmentation des prix induite par la demande pour de la R2
  • Difficulté pour les salariés saisonniers de trouver un logement
  • Coûts importants pour la collectivité liés à la construction et à l’entretien des infrastructures publiques (réseau d’eaux usées, approvisionnement en eau potable, réseaux routiers et déneigement, traitement des déchets, etc.)
  • Dégradation de l’environnement (air, sol, eau)
  • Bilan CO2 très négatif (la R2 génère du trafic motorisé individuel + des lits froids "chauffés" tout l'hiver)
  • Mitage du paysage
  • Absence de cohérence architecturale
  • Perte de l’ambiance villageoise
  • Perte de maîtrise du foncier (vendu à des propriétaires extérieurs) et partant du pouvoir décisionnel sur l’avenir du territoire.

Le fait que les résidences secondaires peuvent poser problème est un fait reconnu depuis longtemps. Déjà en 1981, le Département de l’économie publique du canton du Valais publiait une étude sur l’apport économique du tourisme valaisan dont il vaut la peine de relire les dernières lignes (parties soulignées par les auteurs de l'étude) :

« Nous savions, de même que les responsables du tourisme, déjà avant de commencer cette étude, que le Valais est un canton à vocation touristique et que dans l’ensemble suisse, il occupe une place importante. Nous savions qu’un quart de tous les lits d’hôtes suisses se trouvent en Valais mais que même pas un cinquième des nuitées de l’ensemble de la Suisse revient au Valais. Nous savions aussi que la construction dépendant du tourisme occupe une grande part de la main d’œuvre. Ainsi, aussi après avoir terminé nos calculs, nous savons que ces deux points, c’est-à-dire la mauvaise occupation des lits et la dépendance de la construction du tourisme, représentent les problèmes principaux du tourisme valaisan. » (p. 171).

De même dans la Politique du tourisme du canton du Valais adoptée en 2003, il est mentionné sous « objectifs économiques » :

-"Promotion des structures d’hébergement générant une forte valeur ajoutée pour l’économie touristique en général, notamment l’hôtellerie et les chalets / appartements de vacances loués."-"Limitation du nombre de résidences secondaires ainsi que des types d’hébergement ayant un fort impact sur l’occupation des sols et le paysage et générant une faible valeur ajoutée."

Malgré le fait que le problème soit discuté depuis longtemps, peu de mesures ont été prises afin de limiter l’expansion des résidences secondaires. Ces dernières années certaines communes ont pris des mesures (communes du Haut-Plateau, Saas-Fee, Zermatt), mais avec des effets sur le terrain contrastés (cf. nombre de chantiers sur Crans-Montana), d’autres ont essayé de mettre en œuvre de nouveaux règlements plus contraignants mais sans succès (Champéry, Vex…), d’autres enfin n’ont rien entrepris. De manière générale, il faut constater qu’il est extrêmement difficile de faire passer politiquement au niveau communal des mesures freinant la construction des résidences secondaires.

Au niveau cantonal, malgré les objectifs affichés de limiter le nombre de résidences secondaires, peu d’initiatives ont été entreprises et surtout rien n’a été mis en œuvre. Actuellement le canton planche sur l’élaboration d’un masterplan dans le domaine de l’hébergement touristique afin de répondre aux exigences posées par la révision de la loi sur l’aménagement du territoire (LAT) imposant aux cantons de définir un plan de mesures pour les régions où les résidences secondaires sont trop nombreuses, sous peine de se voir interdire toute construction de résidences secondaires au 1er juillet 2014.

L’initiative « Pour en finir avec les constructions envahissantes des résidences secondaires » exige de limiter à 20% par commune le nombre de R2. Certains reprochent à cette initiative de contribuer au mitage du territoire en déplaçant la construction des R2 dans les communes n'ayant pas encore 20% de R2. Cet argument n'est pas pertinent pour les Verts: d’une part la quasi-totalité des communes valaisannes situées en montagne ont déjà atteint le seuil de 20% ; d’autre part la demande pour de la R2 se concentre là où un certain nombre d’infrastructures touristiques existent (en particulier domaine skiable et bains thermaux). Avoir une R2 à Ardon, Chippis, Martigny ou Vernayaz n'est pas très tentant pour les acquéreurs potentiels...

Autre problème souvent relevé: l'initiative n'interdirait pas la transformation de résidences primaires (R1) déjà existantes en R2, ce qui pourrait paradoxalement augmenter le nombre de R2 dans une commune. Il est vrai que l'initiative ne traite pas ce point et il appartiendra ainsi au législateur, lors de la rédaction de la loi d'application, de prévoir l'interdiction de transformer une R1 en R2 dans les communes où le seuil de 20% de R2 est atteint et ainsi de respecter l'esprit de l'initiative.

L’initiative est certes très contraignante puisque son acceptation signifierait l’impossibilité de construire de nouvelles R2 dans la totalité des lieux touristiques du canton. Pour les Verts valaisans, l’acceptation de l’initiative constituerait "l'électrochoc" qui obligerait les pouvoirs locaux, les prestataires touristiques et les promoteurs immobiliers à réellement plancher sur des alternatives à la poursuite de la construction des R2 (construction de lits "chauds", rénovation des R2 existantes). Les R2 constituent le problème no 1 du tourisme valaisan. Aujourd’hui, malgré les beaux discours, les constructions de R2 se poursuivent à un rythme effréné. On peut aussi douter de l’efficacité des mesures qui seront prises dans le cadre de la révision de la LAT : les pressions exercées par les promoteurs et entrepreneurs aboutiront à des mesures édulcorées qui n'entreront en vigueur que dans plusieurs années et ne feront au mieux que freiner quelque peu le rythme de construction.

Pour toutes ces raisons, les Verts valaisans soutiennent l'initiative « Pour en finir avec les constructions envahissantes des résidences secondaires ». Et si l'initiative devait être refusée le 11 mars prochain, il n'en reste pas moins qu'il faudra prendre des mesures et imposer des règles contraignantes en vue de réglementer le secteur des R2 dont l'extension sans fin menace la pérennité de l'économie touristique valaisanne.

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