Prise de position sur les votations populaires du 29 novembre 2009
OUI à l'initiative populaire "Pour l'interdiction d'exporter du matériel de guerre"
Le matériel de guerre a comme fonction de tuer. Celui qui achète des armes à feu et des munitions n'a pas l'intention de les utiliser comme objets de décoration dans son salon. Contrairement à la Première Guerre mondiale où les victimes étaient majoritairement les soldats qui se battaient, aujourd'hui, les victimes sont en majorité des femmes et des enfants. Le « progrès technologique », la « précision des armes » et les « frappes chirurgicales » ne sont que des expressions pour cacher aux média et à l'opinion publique les « dégâts collatéraux ». Les armes légères causent chaque jour, selon l'OTAN, la mort de plus d'un millier de personnes. Et la Suisse y participe au nom de l'économie: aider à tuer pour garder des emplois! Cela revient à justifier la production de drogues pour garder des emplois. L'éthique disparaît lorsqu'on touche au porte-monnaie. Et il s'agit d'une pingrerie à 0,1% du PIB!
En 2008, la Suisse a exporté dans 72 pays, dont Israël (conflit israélo-palestinien), le Tchad, les pays impliqués en Afghanistan et le Pakistan (conflits internes), en totale violation de la loi sur les exportations d'armes qui « interdit toute exportation dans les pays ou régions où règnent des conflits ou tension ». En 2008 encore, du matériel de guerre a été vendu par la Suisse pour 115 millions de francs dans les pays où la Confédération a investi 180 millions pour le développement (dont le Tchad et le Pakistan). Il est de notoriété publique que les armes favorisent la violence et l'insécurité. On ne peut simultanément promouvoir une politique de paix et de développement et une politique d'exportation de matériel de guerre. Les Verts valaisans soutiennent cette initiative pour des raisons éthique (exportation de matériel qui tue et favorise l'insécurité), politique (exportation de matériel dans des pays en situation de tension interne et international, pays bénéficiant en même temps de l'aide publique au développement comme le Pakistan et le Tchad), économique (la reconversion permet la création d'un nombre de place de travail supérieur car l'armement est proportionnellement le plus mauvais employeur), social (les armes légères causent la mort de plus d'un millier de personnes par jour).
NON à l'arrêté fédéral sur le "Financement spécial en faveur du trafic aérien"
L'arrêté a pour but de rectifier une « injustice », à savoir l'affectation de l'impôt sur les carburants utilisés dans l'aviation (50% du produit net à la Confédération, 50% au trafic routier) par une nouvelle affectation (50% à la Confédération, 50% au trafic aérien). L'argumentaire de la Confédération est d'améliorer les « conditions-cadre [de l'aviation] pour asseoir sa compétitivité », « en respectant le mieux possible les impératifs du développement durable ». En cas d'acceptation, la part revenant à l'aviation s'élèverait à quelques 40 millions de francs dont 20 seraient attribués à des mesures de sécurité technique, 10 à des mesures de protection contre les attaques terroristes et 10 autres à des mesures de protection de l'environnement (fenêtres anti-bruit). Les Verts valaisans s'opposent à cet arrêté, car l'arrêté en question ne frappe que
- l'impôt en question frappe les vols privés et les vols commerciaux intérieurs, mais non les vols commerciaux à destination de l'étranger;
- les mesures de protection de l'environnement et de développement durable sont ridicules, ils se réduisent à des fenêtres anti-bruit;
- l'amélioration des transports internes doivent passer par les transports publics (rail [troisième voie entre Genève et Lausanne], tram, métro);
- si le principe de l'affectation des taxes ou impôts doit revenir au service correspondant, il ne faut pas oublier que cet impôt ne suffit pas à payer les coûts externes (pollution, bruit,...) et que sa meilleure affectation pour réduire ces coûts est d'affecter le produit à des transports durables susmentionnés.
NON à l'initiative populaire "Contre la construction des minarets"
L'initiative vise, par l'interdiction d'un symbole religieux, à stigmatiser une communauté étrangère, islamique dans ce cas, en la réduisant à une communauté de revendication politique et sociale (charia, burqua, mariage forcé, excision) pour qui le minaret est le glaive de l'islamisation politique. Les Verts valaisans s'opposent à cette initiative pour les raisons suivantes:
- cette initiative viole les principes fondamentaux de la Constitution (liberté de religion et interdiction de discrimination), elle est contraire aux traités internationaux (Convention européenne des droits de l'Homme, Pacte international relatifs aux droits civils et plitiquesde l'ONU);
- tout comme la Bible ne mentionne pas les clochers, le Coran ne mentionne pas les minarets
- la communauté musulmane n'est pas homogène. Elle est constituée de nationalités très différentes d'un point de vue linguistique et culturel. On y trouve des croyants pratiquants et d'autres non, des conservateurs et des plus modernes.
- les mussulmans, tous comme les juifs, les chrétiens ou les membres d'autres communautés religieuses sont soumis aux mêmes lois (loi sur l'aménagement du territoire, loi sur la protection des sites et des monuments, dispositions légales concernant les nuisances sonores)
- l'interdiction de construire des minarets serait sans effet sur les agissements de ceux qui contreviennent ouvertement ou secrètement aux lois et à l'ordre social de la Suisse ou qui tentent d'imposer un autre système légal, fondé par exemple sur la charia. A cet égard, la Confédération dispose déjà de moyens légaux pour lutter contre les dérives fondamentalistes (Loi sur le maintien de la sûreté intérieure).
- c'est en refoulant les gens dans la marginalité qu'on les pousse au fanatisme.
Loi sur le tourisme : un OUI pragmatique mais pas enthousiaste
Les Verts valaisans se sont beaucoup investis dans le dossier de la nouvelle loi sur le tourisme. Une réforme législative est nécessaire pour moderniser les structures, rendre le Valais concurrentiel et pour doter le secteur du tourisme (acteurs touristiques) de plus de moyens. Les Verts valaisans sont conscients:
- qu’ils doivent axer leur politique sur la responsabilité ; ils doivent contribuer à la consolidation et à l’épanouissement de la première branche économique du canton (garantir d’emplois pour près d’un quart des Valaisans)
- qu’ils doivent approuver une implication financière de l’Etat dans le secteur touristique
qu’ils doivent mener une politique de réformes structurelles dans le domaine touristique également
la loi de 1996 a fait ses preuves de non-conformité à la situation mondialisée d’aujourd’hui. Un changement législatif a été demandé par tous
- que les structures actuelles favorisent la guerre des roitelets et la confusion des actions menées sans coordination optimale dans différents lieux du canton. Il faut dépasser les frontières des communes pour gérer un secteur comme le tourisme.
- que les principales décisions, financières notamment, restent en main communale et donc proches des préoccupations locales et adaptées aux besoins locaux
- que des économies d’échelle doivent être faites dans la promotion générale du Valais, sans quoi les autres régions des Alpes vont continuer à prendre des parts de marchés difficilement récupérables par la suite. L’argent du contribuable, quel qu’il soit, doit être mieux utilisé
- que la nouvelle loi permet d’encourager à la location et donc devrait avoir une influence sur la croissance des nouvelles constructions. De nouvelles mesures de gestion du bâti et d’aménagement du territoire devraient d’ailleurs accompagner ultérieurement cette loi sur le tourisme.
Pour ces raisons, ils ont décidés de dire OUI à la loi sur le tourisme même si :
- ils ne sont pas satisfaits du financement qui n’est pas équitable car l’assiette des assujettis est restreinte aux seuls possesseurs ou exploitants du bâti. Les autres bénéficiaires du tourisme ne sont pas touchés par cette loi. Elle n’est pas équilibrée financièrement parlant.
- Ils ne sont pas satisfaits par une loi que donne tant d’incertitude aux contribuables assujettis
Les Verts valaisans ont décidé de soutenir la loi sur le tourisme par pragmatisme. Le sens des responsabilités et le soutien aux réformes ont primés sur les aspects financiers sur lesquels ils ne sont pas d’accord.
Quelle que soit l’issue du 29 novembre, les Verts valaisans s’investiront pour faire modifier ce système de financement.

