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Urgence climatique : les Verts valaisans veulent des mesures concrètes et en appelle à la population pour influencer le débat politique

publié il y a environ un mois

Si l’urgence climatique est mondiale, les régions alpines sont particulièrement touchées par les conséquences du réchauffement. Les Verts valaisans souhaitent que le Valais adopte des mesures concrètes ambitieuses au travers d’un PLAN CLIMAT qui sera débattu lors de la session de mars 2019 au Grand Conseil valaisan. Sur le plan national, le rejet de la Loi sur le CO2 en décembre dernier montre que la majorité actuelle au Parlement fédéral n’a pas saisi l’importance des enjeux. En ce sens, le climat de demain se décidera lors des élections fédérales de l’automne prochain : 2019, année climatique ! La population doit se mobiliser pour influencer le débat politique. Les Verts invitent dès lors la population – toutes générations confondues – à rejoindre le mouvement et à manifester le 15 mars 2019 à Sion.

 

Un engagement de longue date

La sauvegarde de nos conditions de vie sur terre est au cœur de l’engagement politique des Verts. La lutte contre le changement climatique et la perte de biodiversité font partie de l’ADN même des Verts qui n’ont pas attendus, comme certaines formations politiques, de se retrouver à six mois des élections pour découvrir qu’il leur serait profitable d’inscrire cette préoccupation à l’agenda politique. Le climat ne se s’est jamais satisfait du green washing et ce ne sera pas du tout le cas dans un avenir très proche. 

Seul un Parlement plus Vert peut protéger efficacement le climat

Les débats relatifs à la loi sur le CO2 l’ont à nouveau démontré : la majorité issue des élections 2015 a mené la Suisse dans une impasse : elle a vidé la loi sur le CO2 de sa substance, abandonnant de facto toute protection climatique en Suisse.  Or, même le projet initial du Conseil fédéral était insuffisant pour réellement protéger le climat : les Verts avaient demandé – en vain - des mesures plus efficaces, telles qu’une taxe sur les billets d’avion ainsi que des objectifs de réduction des émissions de CO2 pour le secteur financier. A l’avenir, de telles mesures ne pourront être soutenues que par un Parlement plus Vert, comme en témoignent les votes très serrés qui ont eu lieu pendant le débat. Au Conseil des États maintenant de reprendre le travail à zéro, sur la base du projet tel que l’avait proposé initialement le Conseil fédéral. En 2019, en votant, la population posera donc des jalons pour une meilleure protection climatique. Le parti des Verts est clairement le parti qui défend le mieux tous les enjeux écologiques et en particulier le climat (cf. ecorating des partis politiques).

Effets du réchauffement climatique dans les Alpes

La Suisse possède depuis 1864 un réseau de stations de mesure météorologique réparties sur l’ensemble de son territoire, offrant de solides connaissances sur la situation climatique passée et présente. Les tendances montrent une hausse régulière des températures à toutes les saisons (surtout au printemps et en été), particulièrement marquée depuis les années 1980. L’année 2018 a été l’année la plus chaude du pays (avec un déficit pluviométrique extrême entre avril et novembre), suivie par 2011, 2015 et 2014.

Quelques chiffres évocateurs

L’environnement alpin subit les effets du réchauffement climatique de manière plus importante que les zones de basse altitude. L’évolution des températures depuis la fin du XIXème siècle montre une augmentation de près de 2 °C dans les Alpes, soit deux fois plus que la moyenne mondiale. Tous les paramètres étudiés montrent la même tendance au réchauffement. Trois exemples :

  • Recul des glaciers. La Suisse a perdu plus d’un quart (27,7%) de la surface glacière entre 1973 et 2010. Cette fonte concerne aussi les sols gelés en permanence (pergélisol)
  • Couverture neigeuse. À toutes les altitudes, la période durant laquelle le sol est recouvert de neige diminue. Aujourd’hui en montagne, la couverture neigeuse se forme en moyenne 12 jours plus tard en automne, puis fond 26 jours plus tôt au printemps par rapport à 1970.
  • Durée d’englacement des lacs de montagne. À St-Moritz GR, le dégel survient en moyenne 10 jours plus tôt qu’en 1980.

Les scénarios confirment la tendance. Tous les modèles climatiques de MétéoSuisse prévoient que la hausse des températures va se poursuivre, entre +0,5 et +3,6 °C d’ici 2060. Les Alpes et le sud du pays seront les premiers concernés. La surface des glaciers en 2050 sera deux fois inférieure à celle de l’année 2000.

Augmentation des dangers naturels

La sécheresse augmente le risque d’incendies. La fonte du pergélisol présente elle aussi des risques majeurs, car elle provoque l’instabilité des versants et la recrudescence de mouvements de terrain :

  • Chutes de pierres
  • Glissements de terrain
  • Coulées de boues / laves torrentielles
  • Déformation des infrastructures

 Impacts sur la biodiversité

  • Végétation de montagne :

Le réchauffement accélère la croissance de la végétation au printemps, prolonge la période de végétation et modifie la composition des essences. Actuellement, le sapin progresse car il s’accommode bien de conditions chaudes et sèches, alors que le hêtre et plus encore l’épicéa diminuent. Les sécheresses accélèrent la prolifération de parasites et le dépérissement du pin sylvestre. Après l’été 2003, 30% des pins dans la région de Viège avaient dépéris. Cela accroît le risque d’incendie de forêt.

Le déploiement des feuilles (débourrement), paramètre également étudié par MétéoSuisse depuis des décennies, montre une avancée très nette, surtout depuis les années 1980. Les noisetiers sont en fleurs dès mi-février déjà, soit 2 semaines plus tôt qu’au milieu du XXème siècle.

  • Oiseaux

Le réchauffement climatique ralentit le phénomène migratoire chez de nombreuses espèces d’oiseaux : les rougequeues noirs migrent en moyenne 10 jours plus tard qu'il y a 40 ans et un nombre croissant d’entre eux passe l’hiver en Suisse, tandis que les gobemouches noirs partent une semaine plus tard. De nombreuses espèces arrivent aussi plus tôt au printemps, comme la Rousserolle effarvatte, car les températures plus chaudes font avancer le pic d’abondance des insectes et les oiseaux doivent le faire coïncider avec l’élevage de leurs jeunes ; c’est donc adaptation pour mener à bien leur reproduction : arriver plus tôt pour pondre plus tôt.

Au printemps, de plus en plus d’espèces vivant sur le pourtour méditerranéen apparaissent en Suisse, et s’y reproduisent même. Inexistant il y a 30 ans, le guêpier d’Europe compte aujourd’hui une centaine de couples en Suisse, dont près de la moitié en Valais (cf. graphique).

 

Initiative sur les glaciers

  • But : ancrer les objectifs de l'Accord de Paris dans la Constitution fédérale : « contenir d'ici à 2100 le réchauffement climatique bien en dessous de 2 °C par rapport aux niveaux préindustriels »
  • Lancée par l’Association suisse pour la protection du climat
  • Printemps 2019 : lancement de la récolte de signatures

 

Jérémy Savioz, député

00 41 78 607 44 46

 

Des propositions concrètes en Valais

Les mobilisations citoyennes et scientifiques de ces dernières semaines révèlent à tous la nécessité d’agir au niveau politique. Le temps des bilans est révolu, il faut maintenant passer de la parole aux actes dans nos parlements cantonaux et nationaux!

Bien des cantons romands ont maintenant mis le pied sur l’accélérateur pour passer à l’action. L’urgence climatique en Valais est palpable, les enjeux sécuritaires, économiques, énergétiques, agricoles, environnementaux, touristiques et financiers sont réels et considérables.

En novembre dernier, le groupe des Verts avait proposé au Bureau du Grand Conseil d’organiser une journée, voire une demi-journée, de session ordinaire consacrée à la thématique des changements climatiques. Cette proposition qui aurait permis d’agir ensemble a été sévèrement refusée par les chefs de groupe.

Tenant compte de ce refus mais résolument conscient des enjeux pour le Valais, le groupe des Verts persiste et fait 3 nouvelles propositions au parlement valaisan :

  • L’élaboration d’un Plan Climat Valaisan.
  • La réalisation d’un état des lieux et d’un plan de désinvestissement des énergies fossiles pour toutes les entités étatiques et paraétatiques, notamment la Banque Cantonale Valaisanne, les Forces Motrices Valaisannes et la Caisse de Pension de l’Etat du Valais ainsi que la BNS au niveau fédéral.
  • La taxation des billets d’avion au profit des transports publics au niveau cantonal et fédéral.

 

1. Un Plan Climat Valaisan.

Le postulat sera développé à la session de mars, il demande au Conseil d’Etat d’établir un plan climat valaisan. Ce plan climat est à la fois un pré-requis à la mise en oeuvre de l’Agenda 2030 adopté par le gouvernement, et une opportunité pour faire un grand pas en avant dans la concrétisation du programme gouvernemental. Rappelons que ce dernier mentionne la nécessité d’anticiper les conséquences des changements climatiques.

Le plan climat valaisan doit ainsi viser une atténuation et une adaptation aux effets du réchauffement climatique. Il est envisagé comme un instrument de coordination des politiques cantonales avec une approche transversale de la protection du climat.

 

2. Un état des lieux et un plan de désinvestissement des énergies fossiles.

La lutte contre le réchauffement climatique ne s’arrête pas à un plan climat, elle ne peut faire l’économie d’une remise en question des flux financiers. La finance durable est en plein essor et son développement est souhaité par la Confédération pour des raisons climatiques peut-être, mais surtout pour des questions de gestion des risques. Dans le secteur des finances durables, le rendement économique ne se fait pas au détriment des enjeux sociaux et environnementaux. En 2017 la Confédération constatait que les investissements des caisses de pension dans le secteur financier étaient encore trop peu respectueux du climat et rappelait que les investissements traditionnels accentuent le réchauffement. Tout récemment, le WWF a publié un rapport sur la durabilité dans les banques de détails suisses et révélait que peu de banques reconnaissent l’importance du critère de durabilité dans le choix des investissements.

Dans un souci d’exemplarité et de cohérence le canton et la confédération ne peuvent plus continuer à investir dans les énergies fossiles qui nuisent à la biodiversité et favorisent le réchauffement climatique. Pour ces raisons le groupe des Verts demandera un état des lieux des investissements dans les énergies fossiles au sein de la BCVs, des FMV et de la CPVAL ainsi que l’élaboration d’un plan de désinvestissement. Au niveau fédéral, il sera demandé à la BNS de renoncer à investir dans des entreprises qui causent de manière systématique de graves dommages à l’environnement.

 

3. Une taxe sur les billets d’avion au bénéfice des transports publics.

Enfin, le groupe des Verts souhaite se joindre aux démarches entreprises par le canton de Vaud pour demander à l’assemblée fédérale d’établir une taxe sur les billets d’avion. Même si cette taxe ne résoudra pas à elle seule le problème des émissions de gaz à effet de serre du secteur de l’aviation, elle rétablira néanmoins une inéquité sur la taxation des carburants puisque le kérosène n’est toujours pas taxé contrairement aux autres carburants. Il est également impératif d’agir à ce niveau puisque pour un même trajet dans le secteur européen, le transport aérien peut être 6 fois moins cher que le train mais émettre 30 fois plus de CO2. C’est une aberration et un non-sens écologique majeur. La taxation des billets sera également demandée pour les aéroports valaisans. Ces taxes sont à envisager au bénéfice des transport publics.

En conclusion, les Verts continuent de s’engager pour la protection du climat et invite les partenaires politiques à soutenir ces propositions le moment venu. Passer de la parole aux actes prend beaucoup de temps dans notre démocratie, il y a donc urgence à s’engager pour atteindre les objectifs annoncés au niveau cantonal et fédéral.

Le regard toujours tourné vers l’avenir les Verts envisagent également de demander la protection des nouveaux territoires dévoilés par les glaciers en recul…

 

Céline Dessimoz

Députée, Cheffe de groupe suppléante    

+41 79 397 27 52       

 

Les jeunes Verts lancent un large appel à la société civile : mobilisons-nous et manifestons le 15 mars à Sion !

Vous l’aurez compris, aujourd’hui il y a urgence. Il est désormais du devoir de chaque citoyenne et citoyen de ne pas rester indifférent.e face à ce constat alarmant et ainsi d’adopter des comportements responsables. Faire preuve de responsabilité, tant à l’égard de notre planète que de ses habitant.e.s, passe inévitablement par des actions individuelles (soutien aux producteurs locaux, réduction des déchets, utilisation des transports en commun, etc.) mais également par une prise de conscience collective. Cet engagement collectif se trouve actuellement au coin de notre rue. Des milliers de personnes ont manifesté pour le climat le 2 février dans toute la Suisse, faisant suite à une grève des étudiant.e.s le 18 janvier, ayant également rassemblé quelques dizaines de milliers de personnes dans les rues helvétiques. Rappelons peut-être à certains détracteurs que manquer un cours au profit d’une manifestation pour le climat n’est pas une excuse pour sécher l’école mais un acte citoyen engagé, qui a fait naître différentes mesures concrètes proposées par des étudiant.e.s au sein de leur école. Ces prises de position fortes et déterminées sont à saluer, et non à décourager comme l’a fait l’État du Valais en menaçant les étudiant.e.s de sanctions. Car il en faudra de la détermination pour bousculer le système dans lequel nous avons trop longtemps évolué sans remise en question, profitant du bien-être qu’il nous fournit et fermant les yeux sur ses dérives.

Osons faire entendre notre voix, rejoignons ce bout de la rue où d’autres expriment déjà leur volonté d’adopter une réelle politique climatique, juste et efficace. L’échec de la loi sur le CO2 fut une énième preuve de l’incapacité de notre actuel Parlement à prendre de véritables mesures en faveur de l’environnement. Montrons à ce Parlement qu’il ne se comporte pas de façon responsable, et que nous, citoyennes et citoyens, sommes conscient.e.s des enjeux climatiques et prêt.e.s à agir en conséquence. Le 15 mars, retournons dans les rues exprimer cette indignation à l’égard des politiques n’osant agir sur le terrain climatique, retournons exprimer notre espoir de vivre un changement, une transition, vers une société davantage respectueuse de notre environnement qu’assoiffée de profit. Le mouvement apolitique organisateur des manifestations et grèves pour le climat a également prévu une grève en Valais le 15 mars. N’hésitons plus, prenons notre futur en main et faisons entendre une voix sincère et déterminée, une voix inquiète mais porteuse d’espoir, la voix d’aujourd’hui pour le monde de demain. Jeunes et moins jeunes, femmes, hommes, étudiant.e.s, apprenti.e.s, salarié.e.s, militant.e.s suisses ou d’origine étrangère, l’appel pour le climat nous concerne toutes et tous. Répondons à cette biodiversité en déclin, à cette nature malmenée par les activités humaines, qui, dans un râle d’agonie, tentent de nous convaincre de l’urgence d’agir et engageons-nous dès aujourd’hui pour le climat. Rendez-vous le 15 mars dans les rues sédunoises !

Pour les Jeunes vert-e-s Valais,

Florent Morisod, co-président

079 698 96 06


Abattoir de Martigny : les Verts interpellent le canton

publié il y a environ un mois

Maltraitance animale : les Verts valaisans demandent aux autorités cantonales d’intervenir immédiatement pour régulariser la situation aux abattoirs de Martigny, de faire un état des lieux de la situation et d’instaurer un système de contrôle plus efficace pour l’avenir.  

Récemment, l’association PEA (Pour l’Égalité Animale) a porté plainte contre l’abattoir de Martigny après avoir mené une enquête vidéo choc montrant des actes de maltraitance à répétition sur les animaux. Les Verts soutiennent cette dénonciation et condamnent fermement ces agissements. Les Verts rappellent les devoirs élémentaires de la société dans le domaine de l'élevage animal, notamment la nécessité sans conditions de traiter et d'élever les animaux avec respect tout au long de leur vie.

Même si les Verts militent pour une baisse de la consommation de viande, notamment afin de limiter les effets sur le réchauffement climatique, ils soutiennent une production de viande locale et n’exigent pas la fermeture de l’abattoir de Martigny. Les Verts demandent cependant aux autorités cantonales d’intervenir immédiatement afin que la situation soit régularisée dans le respect strict de la législation sur la protection des animaux.

Après le scandale des élevages porcins et abattoirs vaudois, il serait temps qu'un état des lieux soit sérieusement dressé au niveau cantonal et qu’un système de contrôle plus efficace soit mis en place pour éviter que de tels actes puissent se reproduire à l’avenir.

La position défendue par les Verts sur cette thématique reste en tous points similaire à celle récemment défendue dans l'initiative pour des aliments équitables qui soutenait une production locale, plus respectueuse de l’environnement et des animaux

Jean-Pascal Fournier, président des verts vs

Céline Lugon, présidente des verts du coude du Rhône


Après le NON à l’initiative « STOP MITAGE », les promesses en faveur d’une utilisation plus mesurée du sol devront être tenues  

publié il y a environ un mois

En Valais, le rejet de l’initiative ne constitue pas une surprise pour les Verts, car dans ce canton les débats en matière d’aménagement du territoire sont toujours très difficiles. La population valaisanne avait déjà eu l’occasion de rejeter fermement la LEX WEBER ainsi que le projet de révision de la LAT il y a cinq ans à peine. Sur cette problématique, les Verts valaisans ont toujours fait preuve de cohérence en soutenant une utilisation mesurée du sol. Même si le résultat du jour est net en Valais, il faut néanmoins relever qu’il est légèrement meilleur que celui relatif à la LAT.

Un débat positif qui permet de renforcer la nouvelle politique en matière d’aménagement du territoire

Malgré son score, l’initiative est selon nous positive. Elle a permis d’initier un débat sur un vrai problème – le mitage du territoire – qui touche de façon large la population suisse. On a senti dans la campagne que la population était préoccupée par l’étalement du bâti et qu’elle était consciente qu’on ne pouvait plus continuer ainsi.

L’initiative a également permis d’entendre les engagements pris par le Conseil fédéral et les opposants qui n’ont cessé d’affirmer que l’étalement était déjà stoppé et que la loi sur l’aménagement du territoire serait entièrement mise en œuvre. Par conséquent, ils reconnaissent implicitement qu’une mise en œuvre efficace est nécessaire.

Manifestement, l’argument du timing de l’initiative, qui intervient alors que la LAT révisée n’a pas encore déployé ses effets, a porté ses fruits. Les Verts valaisans en prennent note. La balle est maintenant dans le camp des communes qui doivent délimiter leur périmètre d’urbanisation et adopter leurs nouveaux plans de zone qui devront intégrer une forte réduction des zones à bâtir. Le canton devra être le garant de cette bonne exécution de la nouvelle LAT. Les Verts valaisans garderont les yeux ouverts et veilleront à la bonne mise en application de la nouvelle LAT.

D’un point de vue politique, malgré le fait qu'en Valais tous les partis politiques valaisans s’opposaient à l’initiative, la campagne menée par les jeunes verts et les verts valaisans a permis de porter un message qui a été reçu bien au-delà de leur stricte base électorale.


publié il y a environ 2 mois

La révision de la LAT ne protège pas contre l'étalement urbain au long terme

La révision de la LAT s'est principalement penchée sur le problème des zones à bâtir surdimensionnées. Elle est donc efficace dans les cantons où les zones à bâtir sont surdimensionnées, en particulier dans le canton du Valais. Dans de nombreux cantons du Plateau, où l'étalement urbain est très prononcé et où les terres agricoles doivent céder rapidement la place au béton, la révision de la LAT a peu d'effet. En particulier, la révision de la LAT contient toujours la disposition selon laquelle l’ouverture d’une zone à bâtir est autorisée sans compensation dès que la nécessité de cette zone peut être démontrée pour un horizon de planification de 15 ans (art. 15 Zones à bâtir, 1 Les zones à bâtir doivent être définies de telle sorte qu'elles correspondent au besoin attendu pour 15 ans). Avec la nouvelle LAT, la construction dans certains cantons est moins dispersée, ce qui est réjouissant. Cependant, le rythme de disparition des espaces verts, en particulier sur le Plateau, se poursuit sans relâche.

L'initiative complète la révision de la LAT

L'initiative ne jette pas à la poubelle la mise en œuvre de la LAT (c'est-à-dire les plans directeurs et plans d’affectation de zone dans les cantons et les communes) comme certains opposants le prétendent. Au contraire, l'initiative est un complément utile à la LAT révisée. La LAT permet d'utiliser plus efficacement les zones à bâtir existantes mais l'étalement urbain est loin d'être terminé. Les données concernant la construction de l'Office fédéral de la statistique ne montrent pas non plus d'effet sur la proportion de bâtiments de un et de deux étages (graphique 1). Cela signifie que depuis l'adoption de la LAT, on a construit de manière à peu près aussi inefficace qu'auparavant. La consommation de sol s'est poursuivie au même rythme.

Bien que la révision de la LAT réduise la répartition inégale des zones à bâtir, seule l'initiative garantit que les zones à bâtir ne continuent pas à croître et que le sol soit protégé efficacement.

La deuxième révision de la LAT n'est pas une alternative

La deuxième révision prévue de la LAT n'est pas une alternative à l'initiative Stop Mitage. S'il y avait une majorité sérieuse au Parlement contre l'étalement urbain, une contre-proposition à cette initiative aurait été élaborée. Au contraire, le Parlement actuel essaie encore et encore d'assouplir les dispositions de la LAT. Rien n'indique que la deuxième révision de la LAT puisse limiter l'étalement urbain.

Au contraire, il y a un risque que la construction en dehors de la zone à bâtir soit encore simplifiée et que la construction des derniers espaces verts intacts soit encore encouragée. C'est pourquoi il est d'autant plus important de dire oui à l'initiative Stop Mitage.

En conclusion :

  1. La révision de la LAT a peu ou pas d'impact sur l'étalement urbain sur le Plateau. 
  2. La révision de la LAT a été une préparation utile à l'initiative en réduisant la répartition inégale des zones à bâtir et en créant des instruments pour une densification intelligente. Mais ce n'est qu'avec l'initiative que l'étalement urbain pourra être stoppé. 
  3. La deuxième révision prévue de la LAT mettra aussi peu fin à l'étalement urbain aussi que la première révision. Au contraire, si l'initiative n'est pas adoptée, le risque existe d'un nouvel affaiblissement des dispositions relatives à la construction en dehors de la zone à bâtir et donc d'un étalement urbain accru.

Plus d'informations sur le site internet de l'initiative stop mitage.


L'initiative STOP MITAGE permettra de préserver les terres agricoles, nos paysages et la biodiversité

publié il y a 2 mois

Les Verts valaisans ont soutenu avec conviction la Lex Weber et la révision de la LAT qui commencent à déployer leurs 1ers effets positifs : frein aux résidences secondaires (lits froids), nouvelle stratégie touristique fondée sur un tourisme d’exploitation (lits chauds), réduction des zones à bâtir excédentaires. Malgré cela, force est de constater que le développement immobilier du Valais reste extrêmement dynamique, en particulier dans la plaine du Rhône qui voit ses bonnes terres agricoles diminuer drastiquement d’année en année. Les Verts valaisans disent OUI à l’initiative STOP MITAGE car elle seule permettra de contenir l’étalement urbain pour sauvegarder les terres agricoles et les espaces nature. Elle permettra en outre de préserver la biodiversité, qui subit un effondrement alarmant, et d’encourager la construction de quartiers durables (écoquartiers) qui sont synonymes d’une meilleure qualité de vie.

 

Le Valais n’a rien à craindre de l’initiative STOP MITAGE car il dispose de suffisamment de zones à bâtir et leur redimensionnement est déjà prévu par la LAT

Le refrain entonné par les opposants en Valais est bien connu : on prédit moult catastrophes économiques en cas d’acceptation du texte de l’initiative. Il y a peu, ces mêmes personnes prédisaient que l’acceptation de la Lex Weber et de la LAT jetterait 4000 valaisans au chômage[1]. Or, l’actualité récente démontre que c’est tout le contraire qui s’est passé : la construction se porte plutôt bien en Valais malgré la lex weber[2] et malgré la LAT ! Mieux ! Elle a obligé le monde économique et le monde politique à repenser son mode de développement. Le Valais est désormais sur la bonne voie, celle d’une meilleure maitrise de son territoire. Il a adopté une nouvelle loi cantonale sur l’aménagement du territoire, largement acceptée par le peuple, et son plan directeur accepté à une large majorité par le grand conseil est sur la table du Conseil fédéral pour approbation. L’effort demandé aux communes est certes important[3], mais il est aussi à la hauteur des manquements passés. Celles-ci devront délimiter leur périmètre d’urbanisation dans les 2 ans et ensuite faire homologuer leur nouveau plan de zone dans les 5 ans.

Le Valais connaît une des croissances démographiques les plus fortes en Suisse. Selon le scénario moyen des projections démographiques de l’Office cantonal de statistique et de péréquation (OCSP), le canton devrait, d’ici 2030, accueillir une population de 370’000 habitants, soit une augmentation d’environ 40’000 habitants par rapport à̀ la population recensée au 1er janvier 2015 (331’763 hab.)[4].

Or, le Valais dispose globalement de réserves importantes de zones à bâtir qui lui permettront, assurément, d’absorber l’arrivée de 40'000 nouveaux habitants. Les quelques communes qui ne disposent pas ou peu de zones à bâtir en réserve, en particulier dans la plaine qui s’urbanise à la vitesse grand V, leur développement devra passer par une stratégie de développement vers l’intérieur (densification de qualité)[5].

L’urbanisation doit être mieux maîtrisée afin de préserver les terres agricoles, les paysages, les espaces naturels ainsi que les finances des collectivités publiques

Durant les 24 dernières années, la Suisse a perdu plus de 850 km2 de terres cultivables. A chaque mètre carré de sol bâti, l’agriculture perd une part supplémentaire de ses ressources essentielles. En effet, avec le bétonnage des sols, ceux-ci sont gâchés pour toujours, car il n’est guère envisageable de rétablir les sols dégradés. Les sols fertiles disparaissent ainsi de façon constante en Suisse. La perte des terres agricoles compromet l’approvisionnement en denrées locales. L’arrêt du mitage est une condition fondamentale pour préserver les précieuses ressources du sol. En outre, le sol accomplit diverses fonctions importantes pour notre écosystème. A travers le tassement du sol, l’eau ne peut plus s’écouler correctement, ce qui peut avoir des conséquences importantes lors d’inondations. Le mitage peut également avoir un impact négatif sur les nappes phréatiques et sur la qualité de l’eau.

Toutes les études le démontrent : un paysage intact est un facteur important pour le tourisme, mais également pour les Suisses. C’est pourquoi il est également dans l’intérêt des communes de campagne et de montagne que la Suisse ne devienne pas un désert de béton.

Il suffit de comparer des photos de la plaine du Rhône prises entre 2019 et 1950 pour constater avec quelle vitesse l’urbanisation a grignoté notre territoire, principalement au détriment des terres agricoles et des espaces de nature !! L’initiative STOP MITAGE ne résoudra pas tous les problèmes, mais elle aura au moins le mérite d’éviter l’ouverture de nouvelles zones à bâtir sans compensation équivalente en faveur de l’agriculture ou de la nature. Il s’agit ni plus ni moins de la reprise du principe développé avec succès par nos ancêtres au XIXème siècle pour la préservation des forêts.

En conclusion, pour les Verts valaisans, le texte de l’initiative STOP MITAGE est complémentaire à la LAT et la Lex Weber en garantissant aux générations futures que l’on ne bétonnera pas leur avenir comme on l’a fait ces 30 dernières années afin de leur garantir des terres cultivables pour se nourrir et un cadre de vie préservé.

Pour les Verts valaisans

Jean-Pascal Fournier                                                                            

Président

079 704 69 33   



[1] https://www.letemps.ch/suisse/lex-weber-entre-2500-4000-chomeurs
[2] https://www.rts.ch/info/regions/valais/10117642-la-construction-se-porte-plutot-bien-en-valais-malgre-la-lex-weber.html
[3] 2000 hectares de terrains à bâtir ne pourront plus être construits : 1000 hectares sous forme de dézonage et 1000 hectares maintenus dans le périmètre d’urbanisation.
[4] Le scénario moyen prévoit une augmentation d’environ 40'000 habitants
[5] Par exemple : Ardon, Charrat, Fully, Conthey, , Leytron, Saillon, St-Léonard, Vétroz


En images

Dès le début, les Verts se sont engagés en faveur d'une révision totale de la Constitution au travers d'une Constituante. Retour en image avec le débat ayant opposé Marylène Volpi Fournier (ex-députée verte et coprésidente du comité d’initiative) à Jérôme Desmeules (député, ex-coprésident de l’UDC du Valais romand).


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