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Permis de tuer ou de voter ?

Lors de la session de novembre 2010 du Grand Conseil valaisan, les Jeunes VertEs ont déposé un postulat demandant d’évaluer la faisabilité de la mise en place d’un vote consultatif pour les jeunes de seize à dix-huit ans... Explications.

A seize ans, beaucoup de jeunes se trouvent confrontés à des choix lourds de conséquence pour leur avenir et celui des personnes qu’ils seront amenés à côtoyer dans le futur, aussi bien dans le monde professionnel, que dans les sphères publique et privée. Partant de ce constat, il semble convenable que la jeune génération, à l’approche de l’âge adulte, puisse être à même de distinguer clairement, non seulement ce qui est dans son propre intérêt, mais également ce qui est dans l'intérêt des autres. D’ailleurs, certaines étapes plus ou moins importantes du passage de l’enfance vers l’âge adulte se font aussi à seize ans: le choix entre un apprentissage ou des études dans le secondaire II; l’obtention d’un permis de conduire pour certaines catégories de véhicules; la majorité sexuelle; l'autorisation d'acheter des boissons alcoolisées fermentées; etc. On le voit, tous ces domaines sont concernés par de nombreuses questions qui animent l’agora helvétique, qu’il s’agisse des transports, de l’éducation au sens large, de la santé publique, de l’éthique ou encore de politique sociale.

Pourquoi les jeunes adultes serait-ils tenus à l’écart de décisions qui les concernent autant que la population «majeure» du pays? Somme toute, les décisions politiques prises par le peuple ou ses représentants tracent les lignes de la Suisse du futur, qui sera alors habitée et gérée par la jeune génération. Raison supplémentaire d’impliquer davantage les jeunes dans le processus décisionnel! Une telle implication pourrait se faire par le biais d’un vote «consultatif», qui récolterait les opinions des jeunes dès seize ans, quelle que soit leur origine, tant au niveau cantonal que fédéral. Les résultats statistiques ainsi obtenus seraient alors publiés à l’issue de chaque votation, ce qui permettrait d’avoir un baromètre quant à l’opinion de la jeune génération en passe de devenir adulte sur les questions d’actualité politique. A l’heure où les médias nous gavent d’informations, il nous semble important de sensibiliser le jeune public quant aux questions de fonds qui animent les débats publics.

Les décisions politiques prises aujourd’hui nous engagent pour plusieurs années, voire des décennies. Pourquoi les jeunes concernés par ces mesures ne sont-ils pas consultés?

Si l’on regarde ce qui se passe dans d’autres cantons suisses, on apprend que le 6 mai 2007, la Landsgemeinde du canton de Glaris a décidé de donner le droit de vote à seize ans, du moins pour le niveau cantonal) à ses jeunes citoyens. Le 5 juin de la même année, le Parlement du canton de Berne a adopté une motion visant à franchir le même pas. Et si l’on s’intéresse de plus près à ce qui se passe sur le plan international, on remarque alors que l’Allemagne connaît le droit de vote à seize ans dans deux Länder et que l’Autriche est en voie de devenir le premier pays membre de l’Union Européenne à accorder le droit de vote à seize ans, et ce au niveau national. L’idée émerge donc un peu partout en Europe mais n’est de loin pas encore concrétisée et aboutie.

Si l’on en vient au plan pratique, aux structures que nécessiterait l’application d’un tel vote des jeunes, place peut être faite à l’innovation. Il ne semblerait pas adéquat d’envoyer des tonnes de papiers, de toute manière pas lus, aux jeunes visés, mais bien plus opportun de proposer, par exemple, un numéro gratuit par lequel les citoyens en herbe pourraient donner leur avis via un SMS ou une adresse électronique à laquelle ils pourraient destiner leur opinion. Puisqu’il s’agirait d’un vote uniquement consultatif, ce serait l’occasion d’utiliser la technologie au service de la démocratie. Cela éviterait en outre de nombreuses impressions inutiles et permettrait d’avoir des résultats rapides sans passer par une administration tortueuse. Nous aurions alors en main une véritable base comparative, qui permettrait ainsi d’aborder, en toute lucidité et avec le recul nécessaire, le droit de vote à seize ans plutôt qu’à dix-huit actuellement.

Enfin, sachez qu’à seize ans un jeune suisse peut apprendre à se servir d’un fusil d’assaut dans le cadre du cours des «jeunes tireurs» (et ce gratuitement, notre armée ayant la bonté de prêter ses fusils). Quelle étrange société que celle qui laisse la liberté à ses jeunes adultes de faire ce qu’ils veulent, y compris apprendre à tuer, sauf de donner son avis sur les questions politiques qui les concernent pourtant au premier chef… Aux urnes citoyens !

Fabien Derivaz

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