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Sion doit aussi diminuer le nombre de ses conseillers communaux

« On se rend bien compte que sur le plan administratif, lorsque l’on prépare un budget, un Conseil de quinze membres est une véritables hérésie. On assiste à une atomisation des responsabilités, chaque municipal voulant montrer qu’il participe à la vie publique. Ce qui donne une pléthore d’objectifs … »(1). Dans l’édition du NF du 13 juin 2007, Fernand Mariétan, président de la Ville de Monthey, maintient le cap en s’appuyant pour cela sur une large majorité du conseil communal.

Avec Monthey, Sion cultive depuis fort longtemps - en tout cas depuis 1848 si l’on en croit l’ancien archiviste de la Ville(2) - la particularité de disposer d’un exécutif fort de quinze membres : 13 conseillers à environ 20 %, un vice-président à 40 % et un Président à 100 %. Du point de vue opérationnel, à chaque conseiller son chef de Service. Que de voix pour prendre des décisions ! 15 dicastères, 15 façons d’appréhender la réalité, 15 solutions potentielles à proposer. Est-ce la bonne structure pour avancer ?

La Ville de Sion de 12000 habitants en 1950 a bien changé… mais la société et le monde aussi. Aujourd’hui Sion compte plus de 27000 habitants et à sa tête toujours 15 conseillers dans leurs 15 dicastères bien séparés les uns des autres. D’autres Villes ont pris le taureau par les cornes. Fribourg a adapté son exécutif : il a aujourd’hui 5 membres à plein temps. Relativement récemment, le Conseil communal de Brig a – avec l’accord de tous les partis – réduit le nombre de ses membres de 11 à 7 (3). A quand le tour de Sion ? Certes, plusieurs tentatives qui allaient dans ce sens ont échoué par le passé. Cela ne signifie pas pour autant que l’ouvrage ne doive pas être remis sur le métier. Au-delà des considérations et calculs purement politiques, il y a urgence. Aujourd’hui, il n’est plus possible pour 14 miliciens de gérer la complexité d’une Ville, capitale du Valais. Un seul capitaine à 100 % à la tête de ce navire se sent assurément bien seul pour le faire avancer.

Les temps de la politique sont déjà perçus comme très longs. Avec une organisation comme celle de la Ville de Sion, les grands projets qui émergent sont atomisés, se perdent dans les méandres des 15 dicastères et peinent à se réaliser. La professionnalisation du poste de Président a été un premier pas pour optimaliser le fonctionnement de la Ville ; le pas de l’extension de la professionnalisation de l’exécutif reste à franchir. Cela amènerait à coup sûr un coup de fouet bénéfique à l’ensemble du Conseil communal sédunois, sans forcément que cela coûte plus cher aux contribuables (actuellement environ 720'000.00 francs).

Hormis les aspects bénéfiques liés au professionnalisme, il s’en suivrait une réorganisation administrative de la Ville. Une approche sectorielle comme celle actuelle nuit à la vision d’ensemble, à la concertation et à la recherche de solutions globales. En 2002, la Ville a déjà fait un pas positif dans ce sens en regroupant le Service des finances avec celui des contributions. Cela n’est cependant pas suffisant. En fait, réfléchir en termes de complémentarité et de synergies permet de décloisonner des secteurs pour en faire des domaines transversaux. A l’aube de ses 30000 habitants – en tout cas le double avec ses pendulaires – la Ville de Sion doit repenser son organisation. A défaut, il se pourrait qu’elle cède son leadership … ce qui pourrait lui être capital !

Jean-Pascal Fournier, Conseiller communal

notices :

1.Fernand Marietan, Le Nouvelliste du 12 novembre 2002

2. Jacques Calpini, Etat du conseil municipal et du conseil bourgeoisial (1848-1965)

3. Walliser Bote du 22 janvier 2003, p. 9


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