Détail de l'intervention

04.01.2009 par Jean-Pascal Fournier

Comme partout aujourd’hui on entend qu’il faut économiser l’énergie. Elle est précieuse et pas toujours renouvelable. Or, la meilleure façon d’économiser de l’énergie (une quantité d’énergie non utilisée s’appelle un NEGAWATT) est de ne pas la consommer. Non pas en réduisant son train de vie ou en vivant comme un moine dans son monastère. Il suffit d’utiliser la technologie aujourd’hui à notre disposition pour faire mieux ce que l’on fait déjà. C’est le cas dans le bâtiment lorsque l’on chauffe des maisons peu ou mal isolées. Les professionnels de l’isolation connaissent depuis longtemps le moyen de rendre une maison moins gourmande en énergie, mais ils savent aussi que cela coûte plus cher au départ de la construction. Les futurs propriétaires ou les promoteurs sont évidemment tentés de limer les coûts au démarrage d’un nouveau projet et, très souvent, ce sont les aspects énergétiques qui en font les frais. Ou plus justement, ce sont les propriétaires ou les locataires qui en font les frais, car ils devront par la suite payer des factures de chauffage élevées, faute de mauvaises économies au départ. Les services industriels genevois (SIG) ont pris le taureau par les cornes. Ils ont financé un audit énergétique de 173 clients consommant au moins 1 GWh/an, soit autant que 250 ménages. Ils ont constaté que si l’isolation des bâtiments était optimalisée, il était possible d’économiser 68 GWh/an. Une autre réalité a aussi été mise en évidence : les personnes concernées qui par la suite voulaient améliorer le bilan énergétique de leur bâtiment n’avaient souvent pas les moyens financiers ou ne voulaient pas consacrer des montants parfois importants avec la seule assurance de retrouver leurs billes sur le long terme. Le résultat est que rien n’était entrepris pour corriger la situation défaillante et la perte irrémédiable d’énergie transformée le plus souvent en CO2.

En réponse à cet état de fait, les Services industriels de Genève ont mis en place le programme Eco21 qui pourrait tout à fait faire des émules en Valais, pour peu qu’on s’y intéresse. Comme les privés renoncent souvent à entreprendre des travaux coûteux d’assainissement énergétique de leur bâtiment, ce sont en l’occurrence les Services industriels qui prennent le relais en investissant l’argent nécessaire et en dirigeant les travaux. Ils récupèrent leur investissement en se rémunérant sur les « négawatts », autrement dit avec les économies d’électricité qui en résulte. Cela ne coûte rien aux propriétaires et après trois à cinq ans leur facture d’électricité aura fondu. De leur côté, les Services industriels genevois ont pu vendre l’énergie économisée à d’autres utilisateurs.

Voilà un bel exemple de partenariat entre une entreprise publique et le privé. La boucle est bouclée et chacun y trouve son compte. Alors, bientôt une première centrale négawatts en Valais ?

Jean-Pascal Fournier, Conseiller communal, Sion

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