Les Verts refusent le Budget 2015 de l'Etat du Valais

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Les Verts aimeraient commencer par rappeler un constat de départ : les finances publiques sont dans une situation délicate alors même que l’économie se porte bien. Ce paradoxe trouve son explication en grande partie dans les trop généreuses baisses fiscales accordées ces dernières années, même si certains dans ce parlement répètent inlassablement qu’il faut dégraisser le mammouth étatique alors même que le canton du Valais a une des administrations les plus sveltes de Suisse. Il est légitime de se poser la question sur les tâches que l’Etat doit assumer ou non (cas échéant de proposer clairement les tâches que l’Etat doit abandonner), mais il n’est pas juste d’affirmer simplement que l’Etat est inefficient et qu’il peut assurer le même nombre de prestations, avec la même qualité, avec des moyens inférieurs.

Le budget pour 2015 qui ressort des débats du parlement amène certes quelques recettes supplémentaires comme l’augmentation de 10% des impôts sur les véhicules à moteur (augmentation trop faible à notre goût), l’adaptation des émoluments de la justice ou la fin du rabais énergétique pour les entreprises.

Ceci dit, c’est surtout la hache que le Conseil d’Etat et le Grand Conseil a actionné dans l’élaboration de ce budget. Après ETS1 et les coupes dans l’énergie et dans l’école (M. Clerc de l’UDC il est faut de dire que la fonction publique n’est pas touchée : rien que dans le domaine de l’école c’est 100 postes de moins), ce sont de nouvelles coupes qui ont été faites : subventions pour le paiement des primes de caisse-maladie (déjà diminuées l’année dernière), diminution des montants dans le secteur de l’asile, budget insuffisant pour l’hôpital du Valais, etc.

A cela s’ajoute une amnistie fiscale à des conditions très généreuses : les Verts ne sont pas sur le principe opposé à une amnistie fiscale mais à des conditions raisonnables et en assurant parallèlement l’engagement de personnes supplémentaires pour que les contrôles fiscaux soient renforcés. Ce n’est pas du tout la voie suivie par le parlement. La population se rappellera grâce à quels groupes politiques les fraudeurs se voient récompensés de leur comportement illégal, éthiquement répréhensible et contraire à l’intérêt général.

Les Verts s’étonnent aussi de la création d’un Fonds de fluctuation de recettes fiscales : le moins que l’on puisse dire est que le moment est mal choisi pour l’introduction d’un tel fonds alors que le canton peine à équilibrer son budget. Mettre de l’argent de côté à un moment où la situation financière du canton est difficile est incompréhensible. D’autre part nous regrettons cette habitude que prend le Conseil d’Etat de gouverner par décret : ce type d’instrument doit être inscrit dans une loi.

Au final le sentiment qui domine dans l’élaboration de ce budget c’est quand même un peu « panique à bord ». Les Verts sont convaincus que nous ne pourrons pas faire l’économie d’une rediscussion des instruments de pilotage financier de l’Etat : assouplissement du double frein (les Verts ont déposé une motion dans ce sens) ; lois sur les subventions, sur la répartition intercommunale, sur l’harmonisation, RPT2…

D’autre part, les Verts ne pensent pas que ETS2 sera suffisant pour rétablir l’équilibre des finances. Il faudra des recettes supplémentaires : augmentation des recettes, augmentation de la fiscalité ne doivent pas être des expressions taboues dans ce parlement. De nombreuses baisses fiscales ont été accordées ces dernières années, avec raison lorsque les moyens à disposition de l’Etat étaient suffisants pour permettre ces baisses. Les moyens sont aujourd’hui insuffisants et l’augmentation des recettes devient une nécessité.

Concernant la position que vient de prendre l’UDC du Valais romand, je peine à la comprendre. Si vous avez l’intention de lancer un référendum contre l’augmentation de l’impôt sur les véhicules à moteur, alors soyez conséquent et refusez ce budget.

Pour terminer, les Verts regrettent le manque d’équilibre entre coupes et nouvelles recettes. Les verts refusent ce budget.

Joyeuses fêtes à toutes et tous.

Classé sous finance & fiscalité

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Kevin Morisod, 23 ans, membre du comité des Jeunes Verts valaisans, vient d’être élu co-président des Jeunes Verts suisses. Etudiant en médecine proche du diplôme, il tient tout particulièrement à la solidarité internationale : il a ainsi présidé une association engagée en Suisse et dans des pays en voie d'industrialisation en faveur d'un meilleur accès à la médecine des populations vulnérables.


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